Le Drapeau Rouge est le journal et le blog du PC maoïste de France. Communiste,révolutionnaire et internationaliste, le PCmF lutte pour une révolution radicale en direction du communisme !
La Guerre Populaire est un concept spécifique du maoïsme. Ce concept spécifique dote le prolétariat d’une théorie complète sur le plan militaire. Les concepts précédents ont été décris par Marx et Engels, celui de la guerre de guérilla du peuple espagnol contre Napoléon, la guerre des paysans, et l’insurrection ouvrière, enfin les guerres de libération nationale.
Mao dans le cadre de la Chine a défini la Guerre populaire comme une guerre de paysans, mais de type nouveau. Elle est en effet dirigée par le Parti Communiste, sur la base des objectifs du prolétariat et se différencie non seulement de la guerre de paysans de type ancien mais aussi de la guerre de guérilla ou de libération nationale qui n’est pas dirigée par un parti communiste. Ces guerres ont un objectif plus limité et sont dirigées soit par la bourgeoisie nationale, soit par différentes couches de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie, voire de l’aristocratie (comme les princes polonais contre le tsar). Elles ont un caractère progressiste quand elles s’opposent à l’envahisseur, à l’autocratie, à l’impérialisme et de ce fait servent le prolétariat dans sa lutte contre la bourgeoisie.
Les dogmatiques prétendent faussement que Lénine a selon eux défini l’insurrection comme le moyen unique de prendre le pouvoir dans les pays impérialistes comme cela a été le cas en Russie. Ils disent que la guerre populaire est une guerre de paysans et n’a rien à voir avec le prolétariat qui, lui prend le pouvoir par l’insurrection dans les villes. Ils vont même comme le font les trotskistes, reprocher à Mao de n’être pas communiste parce qu’il n’a pas préparé l’insurrection dans les villes, sans se soucier le moins du monde que l’insurrection dans les villes en Chine avait été écrasée par les sociétés secrètes alliées au troupes de Chang kaïchek, et par le retournement du gouvernement Guomindang de gauche de Wuhan, sans compter la chute de la république soviétique du Guangxi. Les marxistes-léninistes nient Mao comme communiste tout en le considérant comme un révolutionnaire et sur le fond restent sur la position des trotskistes qui nient la direction prolétarienne qui justement différencie la guerre populaire de la guerre des paysans de type ancien.
Cette même incompréhension va à l’encontre de la thèse développée par le Président Gonzalo, sur le caractère universel de la guerre populaire et est reprise par un certain nombre de maoïstes qui ne comprennent pas que toute théorie évolue, s’enrichit, ne reste pas figée. Qu’un concept n’est pas défini une fois pour toute.
Certes nous devons prendre en compte le fait que la majorité de la population des pays impérialistes vit dans les villes, donc que la guerre populaire ne peut consisté à encercler les villes par les campagnes, çà va de soi. Les quartiers populaires peuvent-ils être des « cercles de fer » enserrant le cœur des villes, les quartiers bourgeois ? Le problème ne se pose pas en terme d’encerclement, pas en terme de guérilla urbaine.
Pourquoi ? Parce que la guerre populaire n’est pas seulement une question militaire. La guerre populaire c’est aussi la prise par le prolétariat et les couches populaires du pouvoir partiel dans les quartiers populaires, de la mise en route de la démocratie prolétarienne, l’apprentissage du pouvoir prolétarien donnant un avant-goût de la prise en main totale du pouvoir dans tout le pays. Il faut commencer par concentrer les forces maoïstes sur une zone populaire, où il y a outre de nombreux quartiers populaires, une concentration relativement importante d’usines, dont une ou plusieurs grandes usines, plusieurs zones industrielles ou commerciales, des supermarchés. Bref un tissu urbain complet.
Sur une grande agglomération, une telle zone doit servir de base d’appui. La bourgeoisie ne va pas laisser une telle zone s’édifier pacifiquement, elle va tenter de la démanteler par tous les moyens, par l’infiltration d’éléments hostiles dans les organisations populaires (comités de quartiers, comités unitaires prolétariens dans les usines ou toutes formes populaires).
Les révisionnistes et les réformistes et les opportunistes adopteront plusieurs tactiques, infiltrations, dénigrement, refus de participation etc. pour empêcher, freiner la constitution de tels organismes populaires indépendants.
Pour finir la réaction va utiliser les provocations contre les masses et contre les maoïstes. Ils tenteront de dresser une partie des masses l’une contre l’autre, en s’appuyant sur les différences d’origine, sur les contradictions au sein des masses. Les maoïstes doivent aider au règlement des contradictions au sein du peuple. Les attaques ennemies doivent être combattu en tenant compte du niveau, de la forme des attaques, en fonction du rapport de force etc. La guerre populaire est de faible intensité dans les premières phases, les actions ne dépassent pas l’action symbolique, actions symboliques qui doivent créer un climat de sympathie de la part des masses. Ce n’est qu’avec le développement de bases d’appui dans tout le pays, que d’autres phases deviendront possibles jusqu’à la prise du pouvoir dans tout le pays, c'est-à-dire l’insurrection finale qui devra être la plus rapide possible pour empêcher la bourgeoise de passer à la contre-offensive. Il ne peut y avoir d’insurrection finale sans une guerre prolongée utilisant graduellement toutes les formes de lutte, au cours de laquelle le prolétariat et les couches populaires constituent leurs organisations indépendantes de l’Etat bourgeois et des appareils révisionnistes et réformistes de toutes obédiences.
Pour des camarades le fascisme été défini une fois pour toutes par le camarade Georges Dimitrov, dirigeant de la IIIème Internationale lors de son Congrès en 1937. « C’est la dictature ouverte, brutale du capital financier le plus réactionnaire ». Il est représenté par un Parti Unique, protégé par des sections armées (chemises noires en Italie, S.A et SS en Allemagne), police politique (Gestapo, Pide). Il arrive au pouvoir par la force (marche sur Rome, soulèvement militaire en Espagne, ou appuyé par les militaires (Portugal), ou par les élections (Allemagne), Il arrive au pouvoir avec les troupes d’occupation (Pétain en France, Quisling en Norvège). Il interdit toute expression démocratique, dissous tous les partis révolutionnaires et bourgeois, maintien des partis bourgeois de droite (Espagne). Il dissous aussi les organisations syndicales, et crée des organisations corporatistes (Front du Travail). Il est national, se couvre du mot socialisme (national-socialisme), a l’appui de l’Eglise (Opus Dei), embrigade la jeunesse (jeunesses hitlérienne),
Dans quel conteste ce fascisme s’est-il imposé ? En 1917, la Révolution d’Octobre triomphait, le Parti Communiste (PSDOR) prenait le pouvoir par une insurrection armée et instaurait la dictature du prolétariat basée sur l’alliance de classe ouvrière et de la paysannerie pauvre, les comités de soldats formant la force armée révolutionnaire. Des tentatives de révolution échouèrent en Allemagne, en Hongrie, en Autriche. Une nouvelle Internationale rassemblant des partis communistes de type nouveau fut créée ainsi que l’Internationale Syndicale Rouge, les jeunesses communistes et diverses organisations révolutionnaires de masses.
La bourgeoise la plus réactionnaire pris les mesures pour endiguer la révolution. La première vague contre-révolutionnaire fut lancée par les sociaux-démocrates chauvins de la IIème Internationale, ils furent battus en Russie (mencheviks, SR). Ils s’opposèrent à la création du Parti Communiste en France en 1921, firent scission dans la CGT, s’opposèrent aux grèves quasi insurrectionnelles, dirigèrent la contre-révolution en Allemagne contre les spartakistes, contre le gouvernement socialiste de Prusse et laissèrent écraser les socialistes de Bavière, c’est là que Hitler fit ses premières armes,
En Italie, l’ex-socialiste Mussolini fut le premier à prendre le pouvoir. Il profitera de la scission entre communistes et socialistes pour marcher sur Rome et prendre le pouvoir. En France la tentative de putsch de l’extrême droite en 1934, va permettre de former le Front Populaire. En 1936, en France et en Espagne le Front Populaire prend le pouvoir. En Espagne une partie de l’Armée sous la direction de Franco se soulève, les socialistes n’arment pas massivement le peuple. L’Angleterre et les USA pratiquent une politique de non intervention. Léon Blum refuse d’envoyer des armes alors qu’Hitler et Mussolini apportent une aide militaire importante. Seule l’URSS apportera une aide conséquente. Le Front Populaire laissera la place aux radicaux qui signeront les accords de Munich.
Le fascisme moderne
Le fascisme moderne va naître dans des conditions bien différentes, celles de la contre révolution révisionniste qui a liquidé le socialisme, en URSS, dans les ex-pays socialistes et en Chine et a désorienté le mouvement de libération des peuples opprimés par l’impérialisme.
La quasi-totalité des anciens partis communistes ont suivi le même chemin liquidateur et ne sont plus que des partis moribonds sans perspectives révolutionnaires, des partis de gouvernement comme ils se définissent eux-mêmes.
Les directions syndicales sont de plus en plus réformistes et sont des organismes de concertation, d’accompagnement, voire de collaboration ouverte avec les gouvernements de gauche comme de droite. La politique de la gauche sert à canaliser la révolte et la colère des masses, à l’oblitérer
C’est pour cette raison que la bourgeoisie n’a pas encore besoin d’une dictature brutale et totale du fascisme de type ancien. Elle pose simplement les jalons du fascisme moderne par la mise en place petit à petit mais de façon continue d’un Etat de plus en plus policier. Ce fascisme moderne est nécessaire à la bourgeoisie pour restructurer son appareil de production. Pour ce faire, elle doit moderniser son appareil d’Etat dans tous les domaines, renforcer sa dictature de classe. Le Code du Travail est modifié, afin de permettre au patronat de liquider le syndicalisme de classe et le remplacer par une nouvelle forme de corporatisme. Le syndicalisme de collaboration apporte sa pierre à l’édifice en signant des accords sur la représentativité professionnelle comme l’ont fait les directions syndicales de la CGT et de CFDT. La barre pour être élu aux élections professionnelles est montée à 10%, ce qui aura pour conséquence, la disparition des syndicats dans un nombre considérable d’entreprises, l’extension. Du désert syndical dans les petites entreprises mais aussi dans les moyennes et même dans les grandes. La substitution d’accord de gré à gré et la mise sous le boisseau des conventions collectives. Le corporatisme de type nouveau va s’installer petit à petit. Le fascisme moderne ne peut s’installer durablement sans cette collaboration. Le mécontentement augmente même au sein des syndicats à tous les niveaux. Le gouvernement n’est pas assuré que ses collaborateurs en leur sein puissent retenir indéfiniment leurs adhérents, pas plus que les partis de gauche ou de l’extrême-gauche officielle. Aussi doit-elle mettre en place un Etat de plus en plus policier.