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Le Kirghizistan a été secoué par de grandes manifestations qui ont pris une tournure violente après qu’elles aient été réprimées. Ces manifestations ont conduit à la chute de l’ancien président et à l’arrivée au pouvoir de l’opposition. Nous allons voir ce qui a conduit à cette situation et quels intérêts les impérialistes ont dans ce pays méconnu d’Asie Centrale.
Un peu d’histoire
La région du Kirghizistan a fait partie de l’empire russe à partir de 1876. De nombreuses révoltes s’y sont déroulées et, en 1918, le premier soviet y est formé. La région devient alors en 1924
la République Socialiste Soviétique Autonome de Kirghizie et sera intégrée à l’URSS en 1936. Après 1956 et l’arrivée au pouvoir des révisionnistes, le système socialiste sera désintégré petit à
petit jusqu’à sa destruction complète avec la chute de l’URSS en 1991. Avec ses premières élections, Askar Akayev est élu président et le pays devient le Kirghizistan. Les impérialistes vont
alors avoir les mains libres pour convoiter les richesses et l’intérêt géostratégique du pays.
Plusieurs soulèvements
L’ancien président Kurmanbek Bakiyev accéda au pouvoir en 2005, suite à une mobilisation de l’opposition soutenue par Washington au travers d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) financées par la CIA. C’était la « révolution des tulipes ». Les Etats Unis voulaient la chute du président d’alors, Askar Akayev, car il se rapprochait trop de la Russie et posait donc des obstacles à la volonté d’hégémonie en Asie Centrale des Etats Unis.
Par la suite, Bakiyev avait menacé de fermer la base US après une offre importante de la Russie. Il s’était finalement rétracté après que les Etats Unis lui offrent un loyer multiplié par quatre
pour le maintien de leur base.
Le régime de Bakiyev était connu pour sa pratique de la terreur envers ses opposants. En 2009, suite à des élections frauduleuses, les manifestants de l’opposition avaient été sévèrement réprimés.
La corruption, le népotisme et la répression du gouvernement de Bakiyev a enflammé la colère populaire ces derniers jours jusqu’à ce qu’il doive quitter le pays. La privatisation de l’énergie et
la hausse du prix du chauffage et de l’électricité ont également avivé les flammes de la colère et ont développé le mouvement de masse.
L’opposition a finalement pris le pouvoir après des combats violents entre les manifestants et les forces de répression. Mais ses objectifs politiques ne sont pas clairs et il n’y a pas beaucoup
d’information à son sujet.
Elle a annoncé qu’elle nationaliserait le secteur de l’énergie et qu’elle prendrait le temps pour envisager un départ de la base militaire US. Mais les Etats Unis ne se déclarent pas inquiets.
Michael Mc Faul, directeur des Affaires Russes pour Obama, a affirmé : « Les gens qui dirigent le Kirghizistan…sont des gens avec qui nous avons des contacts depuis plusieurs années. » « Ce n’est
pas un coup d’Etat anti-américain, nous en sommes sûrs. Et ce n’est pas un coup d’Etat dirigé par les Russes, il n’y a aucune preuve de cela. » Cela laisse supposer que l’opposition maintenant en
place n’est qu’une opposition de façade et il y a fort à parier que les intérêts impérialistes au Kirghizistan ne seront pas menacés.
L’absence d’un Parti Communiste révolutionnaire affaiblit les mobilisations des masses. Comme partout, sans direction révolutionnaire, le mouvement de masse ne peut aboutir à un renversement révolutionnaire du système. Pourtant, les masses populaires du Kirghizistan ont démontré qu’elles ne supportaient plus le pouvoir corrompu à la solde des impérialistes et la dégradation de leurs conditions de vie.
Les intérêts impérialistes au Kirghizistan

Le Kirghizistan est un pays où il y a deux bases militaires étrangères : une des Etats Unis et une de la Russie. La base militaire des Etats Unis est d’une importance stratégique pour la guerre
menée en Afghanistan. D’ailleurs, 1.100 militaires stationnent dans le pays, dont des contingents de France et d’Espagne, en soutient aux opérations de l’OTAN en Afghanistan. Le pays est donc
d’une importance militaire pour les impérialistes de l’OTAN.
Le pays est également situé dans la région du monde la plus riche en gaz et partage une frontière d’environ 850km avec la Chine. La Russie, les Etats Unis et la Chine luttent pour avoir le
contrôle sur l’Asie Centrale en raison de ses réserves en gaz. Le Kirghizistan se trouve donc au cœur d’une lutte inter-impérialiste.
Attendons-nous à entendre à nouveau parler du Kirghizistan…
Vidéos :
On voit sur cette vidéo les forces armées tirer sans discrimination sur la foule...