Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le Drapeau Rouge est le journal et le blog du PC maoïste de France. Communiste,révolutionnaire et internationaliste, le PCmF lutte pour une révolution radicale en direction du communisme !

Publicité

L’IMPORTANCE DE LA LUTTE DES EXPULSES DE LA COURNEUVE

Note: Ce rapport date de mi-juin 2011. Nous le publions ici avec un peu de retard.

 

446x268_s_droitaulogement-jpg.jpg

 

La lutte des expulsés de la Courneuve a une importance particulière, car elle a mis sur le devant de la scène de la lutte de classes, les différentes classes, leurs représentations politiques et leur positionnement dans cette lutte. Elle a aussi montré qu’en définitive, c’est seulement la classe ouvrière qui peut être révolutionnaire jusqu’au bout. Elle a aussi montré que le Front Révolutionnaire peut et doit s’édifier sous le contrôle des travailleurs en lutte, que c’est la voie à suivre pour donner un contenu approfondi à la démocratie ouvrière maintenant, puis dans le cadre futur de la dictature du prolétariat et de son approfondissement au cours de l’édification socialiste.

 

Cette lutte démontre que le caractère de classe de la lutte est essentiel, que les différences idéologiques, politiques, spirituelles sont secondaires, font partie des contradictions au sein du peuple et n’empêchent aucunement le développement de la lutte.

 

Cette lutte met deux camps en présence : la bourgeoisie et la classe ouvrière. Elle est un révélateur des véritables positions de classe des différents protagonistes qui y sont impliqués, reflétant des intérêts de classe sous-jacents.

 

L’affrontement de deux classes antagoniques, bourgeoisie et prolétariat, aux intérêts et aux objectifs diamétralement opposés tant sur le plan matériel que sur les plans politique, idéologique, culturel,  moral et spirituel, apparaît clairement dans cette lutte. On retrouve donc d’un côté l’appareil d’Etat et tous ceux qui le soutiennent d’une façon ou d’une autre et de l’autre la classe ouvrière et ses alliés et amis.

 

Au travers de cette lutte, on voit clairement que l’appareil d’Etat est le représentant d’une classe. Dans notre pays, il représente les intérêts de la bourgeoisie impérialiste détentrice du capital financier qui domine l’ensemble de l’économie et qui la dirige au travers des multinationales qui ont pénétré tous les secteurs de la production et du commerce.

 

D’autre part, cette lutte témoigne du fait que l’Etat devient de plus en plus un Etat policier et que la dictature de la bourgeoisie revêt de plus en plus un caractère fascisant, dont nous décrivons le processus d’édification comme une forme nouvelle de fascisme, le fascisme moderne.

 

1er épisode : Juillet 2010

 

L’OPDHLM propriétaire de la barre Balzac est en charge de gérer le logement. A la tête du conseil d’administration, le Président de l’OPDHLM est Conseiller Général de Seine Saint Denis, membre du PS, ce qui ne l’a pas empêché en bon gestionnaire d’appeler la police qui est intervenue brutalement avec l’assentiment de la municipalité de « gauche », à direction « communiste ».

 

La mairie a alors joué au médiateur, notamment en fournissant les véhicules pour accompagner les expulsés dans les hôtels dès la prise en charge des familles par la préfecture.

 

2ème épisode : 18 avril 2011

 

La préfecture met fin à l’hébergement des familles en hôtel et ne reloge arbitrairement que 10 familles. Les autres sont à la rue. Ils décident de se regrouper près du lieu d’où ils avaient expulsés, précisément place de la Fraternité à La Courneuve.

 

Première entrevue avec un élu : délégués et soutiens sont accueillis comme des chiens dans un jeu de quille : à la demande de soutien, la réponse est « vous n’aurez rien ! »

 

Deuxième entrevue avec le chef de cabinet du maire : moins agressif, plus aimable, mais même réponse.

 

Des collectes sont organisées par les familles et le Comité de Lutte et de Soutien de la Cause du Peuple 93. La population, pourtant de condition modeste, apporte de la nourriture, de l’eau, du lait, de l’argent. 

 

Au début de la lutte sont présents le DAL ainsi que le Comité de Lutte et de Soutien de la Cause du Peuple, puis se joignent différents soutiens.

 

La Municipalité sort alors un communiqué adressé à la population pour tenter de monter la population contre les expulsés, prétextant qu’ils sont une nuisance, qu’ils occupent une place publique, qu’il faut que ça cesse (voir en annexe). Un article moins violent est également publié dans « Regards », écrit par l’adjoint au maire, élu Parti de Gauche.

 

Ce communiqué pour diviser la classe ouvrière et les habitants de la Courneuve est bientôt suivi d’une demande d’évacuation adressée à la Préfecture par le maire PC. Les élus de LO et du POI sont cois. Le PS, dans la minorité, hurle avec les loups. Il est fort probable que l’UMP (minorité) aille dans le même sens. On ne connaît pas la position des Verts qui sont, eux, dans la majorité. Europe Ecologie – les Verts a en tout cas signé la déclaration unitaire du comité de soutien. Le DAL constitue des dossiers juridiques pour les demandes de logement, mais aussi pour faire annuler l’évacuation et faire reconnaître le droit au logement.

 

C’est alors que la Plaine Commune (regroupant 8 communes) arrive à la rescousse de la municipalité de la Courneuve en demandant à son tour l’évacuation de la place. La Sainte Famille des réactionnaires et des conciliateurs est au complet. En effet, il y a 4 municipalités de gauche dont le maire est PC, 2 PS, 1 Vert, 1 divers droite. Les élus d’extrême gauche ne disent rien officiellement, l’UMP et le FN minoritaires se réjouissent sûrement dans l’ombre.

 

En revanche, de nombreuses associations se sont immédiatement rangées dans le camp des travailleurs et ont permis la formation d’un comité de soutien élargi ; la section de la Seine Saint Denis du PG soutient les familles expulsées sans pour autant dénoncer les agissements de la mairie et de la Plaine Commune.

 

Mais la cour d’appel du tribunal administratif de Montreuil les a déboutés. La Plaine Commune « a soulevé une pierre pour se la laisser tomber sur les pieds ».

 

Cette lutte est très importante car elle trace une ligne de démarcation entre la position de la classe ouvrière et celle de la bourgeoisie en matière de logement, mais aussi sur la nature du système capitaliste lui-même. On retrouve donc d’un côté la classe ouvrière et les couches populaires et de l’autre les gestionnaires de l’Etat capitaliste de toutes couleurs et les partis conciliateurs qui ne rêvent que de gérer le système sans le remettre complètement en cause. Cela clarifie aux yeux de tous et toutes nos tâches et nos objectifs, c’est  à dire s’organiser pour détruire le système et lui substituer le pouvoir de la classe ouvrière et des couches populaires qui instaurera le socialisme authentique jusqu’à la société sans classe, la société communiste.

 

L’OPDHLM est pris dans une contradiction : elle gère des logements sociaux mais applique les critères de la bourgeoisie en matière de gestion, pratique l’expulsion de ceux qui ne peuvent plus payer faute de salaires suffisants, en raison du chômage, a recours aux huissiers, demande l’expulsion par la police qui le fait sans ménagement.

 

Les occupants « illégaux » mais légitimes de la barre Balzac vouée à la démolition qui payaient des redevances bien qu’ils ne fussent pas locataires en titre, n’ont pas eu le droit d’être relogés. Dans cette situation d’urgence, le préfet a procédé au relogement provisoire des familles dans des hôtels (des chaînes hôtelières internationales) car il ne faut pas toucher à la sacro-sainte propriété privée et appliquer la loi de réquisition. Il y a pourtant plus de 2 millions de logements vides, sans compter les bureaux, locaux municipaux, départementaux, des administrations, des bureaux vides. Bref de quoi résoudre la question du logement.

 

L’OPDHLM, dirigée par un conseiller général de « gauche », applique les lois du capitalisme, le droit bourgeois qui ne reconnait pas le droit au logement ou lui donne un contenu théorique en refusant toute application pour faire de ce droit une réalité pratique, c'est-à-dire fournir un logement à ceux qui n’en ont pas.

 

La municipalité qui a une quote-part de logement sur sa ville est pour l’expulsion afin de réaliser son projet immobilier. Elle renvoie les expulsés vers l’Etat et son représentant la préfecture. La même démarche est effectuée quand le pouvoir d’Etat est entre les mains de la « gauche » (ce qui révèle encore une fois que l’Etat ne change pas de nature de classe avec les élections).

 

En fait, l’appareil d’Etat est chargé de défendre les intérêts de la bourgeoisie ou de les ménager. C’est ce qui apparaît clairement dans cet affrontement de classes sur la question des droits, le droit au logement, le droit de circuler, le droit de travailler, d’avoir des papiers pour en bénéficier pleinement comme tous les citoyens de ce pays qui apportent leur pierre à la construction du bien commun.

 

Juin 2011

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article