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Le Drapeau Rouge est le journal et le blog du PC maoïste de France. Communiste,révolutionnaire et internationaliste, le PCmF lutte pour une révolution radicale en direction du communisme !

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A propos des élections

Suite à notre appel au boycott des élections, nous avons eu plusieurs réponses. Nous republions donc un article du Drapeau Rouge de septembre 2009 sur les élections afin d'approfondir la réflexion.


 

A propos des élections

elections

Les élections au suffrage universel sont elles un progrès ou une façon de faire approuver le système ? L’histoire de l’humanité, hormis la période du communisme primitif, a été celle de la lutte de classes. Dans les différentes sociétés de classes, toute élection est faite dans le cadre de cette société là, et les représentants qui seront élus le seront pour la faire fonctionner au mieux pour la classe dirigeante.



LA PERIODE DU COMMUNISME PRIMITIF

Durant cette période, les « élus » l’étaient à partir de qualités particulières, ainsi le meilleur chasseur organisait la chasse. Lors des guerres tribales, un chef était choisi. Sitôt la guerre finie, il redevenait un homme ordinaire.

A L’EPOQUE ESCLAVAGISTE

Seule une partie de la population avait le droit d’élire et d’être élue. C’est ainsi que dans la démocratie athénienne, les esclaves et les métèques (nom donné aux immigrés) n’avaient aucun droit, et parmi les citoyens athéniens les classes et couches supérieures avaient plus de droits, entre autre celui de porter des armes en tant qu’officier, de diriger, d’être élu.

A L’EPOQUE FEODALE

L’essentiel du pouvoir était entre les mains de la noblesse et du clergé dont les charges étaient distribuées par le roi ou attribuées en héritage.

Les marchands (bourgeois) avaient leurs représentants (prévôt) dans les villes. Dans les campagnes seuls la noblesse et le clergé (fief et couvent) avaient le monopole de la terre. Les nobles (féodaux) avaient le droit de lever une armée pour protéger leurs fiefs et répondre à l’appel du suzerain.

Le port de l’épée était interdit aux paysans et aux bourgeois.

A L’EPOQUE DE LA BOURGEOISIE

Le développement de la bourgeoisie va bouleverser le mode de production. Toutes les barrières cloisonnant l’industrie, l’artisanat, le commerce vont sauter, pendant qu’à la campagne où le servage avait déjà été aboli pour le métayage ou le fermage, la propriété foncière va être redistribuée par acquisition de la terre. Les premières élections (suffrage censitaire, c'est-à-dire droit de vote à ceux qui payent les impôts) étaient là pour assoir le pouvoir de la haute bourgeoisie, de la classe au pouvoir.

Le suffrage universel va être généralisé, mais pas étendu aux femmes qui devront attendre en France la fin de la deuxième guerre mondiale pour avoir droit au vote.

Le système bourgeois le plus démocratique ne l’est pas en réalité. Les élections ne sont qu’un masque qui veut faire croire que le pouvoir est dans les urnes.

Certes sur le fronton des mairies est écrit «  Liberté, Egalité, Fraternité », mais qu’en est-il réellement ?

La liberté tout comme la fraternité et l’égalité est limitée afin de maintenir le système en place, système basé sur l’exploitation de l’homme par l’homme, l’extorsion de la plus-value sur le dos de celui qui ne possède aucun moyen de production.

La liberté de ce dernier est forcément limitée. Il n’y a pas dans ce cadre d’égalité, ni de fraternité, c’est la lutte pour la vie, pour l’emploi etc.

Les élections, qui paraissent démocratiques parce que tout le monde a le droit de s’exprimer au travers d’un bulletin de vote (démocratie parlementaire), servent à élire un parlement dans le cadre du système, c’est à dire chargé de faire fonctionner l’économie au profit de la minorité possédant les moyens de production. C’est cette minorité qui fait la loi du marché. Le parlement sert ainsi à établir la superstructure législative du système capitaliste, au service de la classe dirigeante, de la bourgeoisie.

Aux élections, chacun des candidats présente son programme. Ils ne diffèrent pas ou peu. En fait ce n’est pas pour faire une politique partant des besoins des masses mais pour faire une politique basée sur le profit pour les actionnaires.

Tous les partis parlementaires servent le jeu de la bourgeoisie. Soit directement en votant des lois lui étant favorable, soit indirectement en jouant le jeu d’une opposition qui légitime le caractère « démocratique » du parlement et/ou en donnant l’illusion aux masses que le système peut être changé par la voie parlementaire.

LES REFORMISTES

Les réformistes prétendent qu’avec plus de démocratie, plus de représentation des partis démocratiques, etc., nous pourrons accéder à une société plus juste, dépasser le capitalisme (Hue).

Mais l’Etat n’est pas seulement constitué d’un Parlement. Il y a aussi tout un appareil pour maintenir l’ordre (armée, police, justice) et tout un appareil administratif. Ce sont des composantes de la superstructure qui naît directement de la base économique. La superstructure représente les lois, la culture, les rapports sociaux, l’organisation politique, l’armée, etc. alors que la base économique représente le système sur lequel la superstructure se développe. Toute superstructure dans tout système se développe directement par rapport à la base économique, au service de la base économique. Ainsi, en système capitaliste (base économique), la superstructure sera directement au service de ce dernier (système parlementaire bourgeois, culture capitaliste, lois au service de la bourgeoisie, etc.). C’est principalement la base économique qui influencera la forme et la nature de la superstructure. C’est pourquoi il est illusoire de changer le système sans toucher à la base économique. C’est pourtant ce que les réformistes essaient de faire croire.

La classe dirigeante a besoin de la paix sociale. Dans le cadre du capitalisme, il existe un état de guerre permanent entre la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat et les autres classes et couches populaires. C’est une guerre larvée, une guerre de faible intensité, qui se réduit souvent à de simples escarmouches mais gagne parfois en intensité par de luttes plus amples. C’est la guerre de classes. Consciente de cet état de fait, la bourgeoisie va essayer par tous les moyens de préserver la paix sociale, pour que les luttes restent dans le cadre du système et ne le remettent pas en cause. Les réformes « pansements » sont là pour relâcher la pression de la « cocotte-minute » sociale. Les réformistes tiennent le haut du pavé pour conserver la paix sociale. Leur rôle en régime capitaliste est de réformer le capitalisme, lui « donner un visage humain », même quand ils disent vouloir un véritable changement, dépasser le capitalisme etc. Ils saupoudrent  de réformes, distribuent des allocations pour éviter l’explosion qui mettrait en péril le système. Si la colère des masses s’amplifie alors la paix sociale qui permet à la bourgeoisie de faire de bonnes affaires peut se transformer en guerre ouverte. C’est pourquoi la bourgeoisie a besoin d’un étouffoir des luttes. La gauche au remplit cette fonction  à la perfection, qu’elle soit au pouvoir ou non.

Quand le pouvoir est menacé dans ses fondements, la classe dominante jette son masque démagogique, envoie ses troupe et mate la rébellion, rétablissant l’ordre, c’est à dire jusqu’à tirer et massacrer la population.

Dans le pire des cas, c’est la dictature ouverte, le fascisme extrême qui détruit toutes les organisations démocratiques et lui substitue les organisations fascistes uniques auxquels chacun doit se soumettre.

LA DIFFERENCE ENTRE LA DROITE ET LA GAUCHE

La droite représente l’aile conservatrice de la bourgeoisie, qui veut bien la démocratie bourgeoise à condition que cela ne coûte rien ou très peu.

La gauche représente l’aile éclairée de la bourgeoisie qui sait que si la bourgeoisie ne fait pas de réformes, son pouvoir va être remis en cause. Elle a plus peur de la révolution que de la droite. La gauche, comme son budget est limité, doit pour calmer les différentes couches de la population et les couches moyennes, poursuivre les restructurations pour satisfaire la bourgeoisie, abaisser le coût du travail, réduire le chômage par des mesures artificielles (allocations diverses), c’est à dire redistribuer des miettes, après avoir accepté la réduction des salaires, les suppressions d’emploi, assumé tous les maux du capitalisme.

Le problème pour la bourgeoisie, c’est de gouverner. Plus de démocratie elle n’est pas contre si la machine tourne et que ça ne coûte pas cher. La gauche aujourd’hui a fait la preuve qu’elle est capable de faire les restructurations suivant les plans des multinationales, de la grande bourgeoisie, à moindre coût, et même mieux, en amenant le taux de profit qu’entend tirer la bourgeoisie à un niveau plus élevé, tout en maintenant la paix sociale. Comme chacun le dit « La gauche fait la politique de la droite ».

La droite au pouvoir adopte des double-discours, fait des promesses qu’elle ne tient pas et cache la vraie nature de ses réformes au service de la bourgeoisie. Elle adopte des discours populistes permettant de faire passer ses réformes. Elle distribue moins de miettes que la gauche mais est tout de même forcée de conserver la paix sociale. C’est pourquoi la droite divise au maximum la population pour affirmer son règne. C’est ainsi qu’elle dresse les travailleurs immigrés contre les travailleurs nationaux en vertu d’une prétendue menace de l’immigration. De même, plus la population a peur et plus elle va se replier sur elle même et ne pas voir plus loin que le bout de son nez, d’où des discours sur l’insécurité. Elle va choisir une partie de la population comme bouc-émissaire pour que les travailleurs pensent que les problèmes ne viennent pas du capitalisme mais d’une partie de la population. Ainsi, des discours xénophobes, contre les jeunes des banlieues (« Racailles »), contre les Roms (« Voleurs de poules »), contre les immigrés (« Ils volent notre boulot »), contre les musulmans, etc. La droite se sert des contradictions au sein du peuple, les développe, essaie de les rendre antagoniques. Diviser pour mieux régner...

La petite-bourgeoisie, représentée par les petits partis de gauche et d’ « extrême » gauche légaliste et certains courants minoritaires au PS, est pour plus de participation. Elle se lamente que les syndicats ne soient pas assez représentatifs, qu’une partie de plus en plus importante de la population ne veut pas participer, se désintéresse des élections. Elle pense que si le système est « démocratique », que si la population a vraiment la possibilité d’avoir son mot à dire, alors forcément le système changera. Rien de plus illusoire !

Marx parlant des élections en régime capitaliste disait que l’on délègue son pouvoir à des élus qui pendant 4 ans vont gérer les affaires de la bourgeoisie. Rien n’a changé ! Les élections en démocratie bourgeoise (ou dictature de la bourgeoisie) nous enlèvent nos affaires des mains, soumet totalement le prolétariat à la bourgeoisie.

C’EST LE SYSTEME QUI DOIT CHANGER

Sommes-nous contre les élections en général ? Non !    

Qu’allons-nous faire ? Nous ne votons pas. Nous boycottons ces élections qui ne mènent à rien.

Le mécontentement grandi. Dans certaines conditions, nous pourrons utiliser la tribune pour dénoncer le système et montrer la voie de la Révolution, tout en défendant pied à pied les revendications populaires sans faire croire que nous pourrons prendre le pouvoir par les élections ou en participant au gouvernement. Dans notre programme, nous devons sans cesse répéter qu’il n’y a qu’une solution, c’est la Révolution.

Nous devons expliquer que le régime ne tombera pas tout seul, qu’il nous faudra le renverser et imposer un nouveau mode de production par la contrainte de l’appareil d’Etat qui sera alors l’Etat de dictature du prolétariat.

Nous devons tout d’abord faire tomber les illusions perpétuées par la démocratie bourgeoise : ce n’est pas en participant au parlement que nous pourrons changer le système.

Le désintérêt croissant des électeurs a un double aspect : la prise de conscience de la vacuité de telles élections et le rejet des partis de gauche comme de droite. La liquidation programmée du P« c »F, le manque de cohérence des trotskistes, leur opportunisme électoral et la réorganisation de l’extrême-droite, posent la question de la réorganisation du prolétariat dans le Parti Communiste maoïste qu’il est urgent de renforcer.

Concernant les élections, les tâches du Parti Communiste maoïste de France sont :
  • Dénoncer chaque élection bourgeoise en expliquant la nature de la démocratie bourgeoise
  • Faire tomber les illusions que le système peut être changé par la voie parlementaire
  • Expliquer que la seule solution pour changer le système, c’est la Révolution
  • Transformer l’abstentionnisme passif en boycott actif, révolutionnaire

Le rôle des communistes, c’est de développer une propagande révolutionnaire, établir la liaison entre les révolutionnaires, établir une plate-forme programmatique minimale et appeler les prolétaires radicaux à renforcer le mouvement d’avant-garde. En avant pour l’édification du Parti Communiste maoïste de France !

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