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Pendant la période du socialisme, le prolétariat prend le pouvoir, détruit de fond en combles l’appareil d’Etat bourgeois, en socialisant l’appareil de production et d’échanges, en le mettant au service du plus grand nombre. Il exerce sa dictature contre la bourgeoisie comme l’a fait la bourgeoisie contre la noblesse et le clergé, mais pour le prolétariat. Il ne s’agit pas de substituer une classe à une autre, mais d’abolir les classes sociales au cours d’un processus plus ou moins long du capitalisme au communisme qui ne peut être réalisé qu’à l’échelle mondiale. Pour cela le prolétariat doit conquérir le pouvoir dans chaque pays séparément, en menant la guerre populaire (seule voie possible pour y parvenir), en partant des réalités concrètes et spécifiques de chaque pays (niveau de développement économique, industriel, technologique, scientifique, scolaire, universitaire, culturel, des mentalités etc.).


La dictature du prolétariat s’exerce dans tous les domaines, car sa conception de la société, son objectif est à l’opposé de la société capitaliste. Il s’agit de supprimer la propriété privée des moyens de production, en faire la propriété collective, sociale, des producteurs manuels et intellectuels, alors la production peut-être rationalisée, les secteurs parasitaires supprimées petit à petit (armement, allégement et simplification de l’appareil d’Etat, des administrations), l’administration, l’éducation, la formation, la production culturelle, littéraire et artistique sont au service de la nouvelle société en construction, y participent activement dans leurs domaines respectifs en poursuivant le même objectif que les producteurs de biens matériels.


Une enquête est menée en partant du bas vers le haut pour planifier les moyens, déterminer les besoins, des plans à court moyen et long terme sont proposés, en en définissant les objectifs matériels, culturels. Les objectifs sont proposés, discutés par la base vers l’appareil administratif qui propose les grands axes du plan et sa mise en place la plus rapide possible, pour éviter les à coup dans la production.


Pendant cette période les mentalités se transforment, mais les résistances idéologiques, culturelles, la force de l’habitude persistent, les différences ne s’effacent pas d’un coup. La lutte peut prendre un caractère particulièrement vif, car la bourgeoisie déchue n’a pas renoncée à reprendre le pouvoir. Elle s’appuie sur les difficultés, les erreurs que connaît la nouvelle société faute d’expérience préalable pour rallier les éléments indécis des couches intermédiaires, des éléments déclassés ou corrompus. Une partie des « gérants » du nouvel appareil d’Etat, du Parti, de responsables de l’économie tentent de s’accorder des petits privilèges ou profiter de ceux inhérents à leur fonction, et s’y installent douillettement, d’autres se découragent devant les difficultés et écoutent les mauvais conseilleurs qui veulent faire retourner la roue de l’histoire en arrière.


Pendant toute la période de construction du socialisme, les contradictions de classe persistent et peuvent prendre un tour aigu. C’est une lutte consciente et inconsciente, pacifique et violente, allant du travail de sape, au sabotage, à l’attentat, à l’assassinat, aux tentatives de soulèvements armés, de révolutions et de contre-révolutions de toutes couleurs. L’ennemi utilise tous les moyens pour saper la révolution, tentant d’opposer les différentes couches du peuple, car on ne peut supprimer mais seulement réduire peu à peu les différences de salaire, de conditions de logement, d’environnement, les préjugés hérités de l’ancienne société, les conditions extérieures, les avancées ou le recul de la révolution, l’encerclement capitaliste plus ou moins important etc.


On ne peut supprimer d’un seul coup l’Etat. Les anarchistes en Espagne se sont heurtés à ce problème, comme à tous les problèmes que nous évoquons.


L’Etat transitoire doit permettre de démolir de fond en combles l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, de procéder à l’expropriation des biens de production, de supprimer la rente foncière, de fermer la Bourse et de créer la Banque Centrale d’Etat, de créer une Armée Rouge dont les spécialistes seront contrôlés par les comités de soldats issus du prolétariat. Une nouvelle promotion de spécialistes prolétariens seront formés de prolétaires hautement politisés et idéologiquement solides. Mais la défense principale de l’Etat prolétarien contre l’agression sera constituée par le peuple en armes. 


Mais même avec cet Etat, le Parti, les organisations prolétariennes et populaires, la lutte de classes se poursuit, elle se durcit de plus en plus, car la bourgeoisie est parmi nous, se reproduit non plus sur la base de la petite production, mais sur la base des compétences (même si pour l’essentiel, la bourgeoisie n’a plus de pouvoir économique et n’a que des droits réduits). Car si le contrôle permet d’écarter du Parti, de l’appareil d’Etat les anciens bourgeois des postes-clés, des postes de responsabilités, leurs compétences sont encore indispensables. Nombre de cadres peuvent être utiles tant qu’il n’y a pas suffisamment de cadres prolétariens compétents.

 

Mais l’histoire nous enseigne que l’arrivée des cadres prolétariens n’est pas une garantie absolue. Au sein des cadres anciens, certains éléments résistent de diverses façons, en imposent par leurs compétences, se rendent indispensables, ce qui donne lieu à deux attitudes parmi les prolétaires, certains sont tellement méfiants qui paralysent l’initiative des cadres de bonne volonté, d’autres se laissent endormir par naïveté. Le pire est la confiance absolue et le manque de contrôle non seulement sur les cadres anciens, mais aussi sur les cadres prolétariens.
Les idées rétrogrades persistent dans la nouvelle société qui n’est pas encore débarrassée des stigmates de l’ancienne, le suivisme, l’indifférentisme, la passivité sert les cadres, leur donne un pouvoir sur le prolétariat que celui-ci leur a abandonné.


Au sein du Parti, dans l’appareil d’Etat, dans l’appareil administratif, au niveau des hauts spécialistes, des cadres supérieurs dans la production, et à tous les niveaux, des arrivistes profitent de leurs positions pour s’accorder des privilèges, souvent minimes, mais peu à peu ils en veulent plus. Des réseaux se forment, on se "refile" les bons tuyaux, des petites combines se mettent en place. Dans l’Université, les sommités académiques sachant manier le verbe, voire la dialectique apprise à l’école du marxisme, réintroduisent par petites touches les concepts bourgeois, dans le domaine économique, l’efficacité et le profit immédiat, les normes capitalistes, sous le couvert de mots ronflants : rentabilité, mauvais fonctionnement du système qu’eux-mêmes font fonctionner, combinaison du socialisme et de l’économie de marché (« socialisme de marché », « les quatre modernisations »), la remise du matériel des stations de machines agricoles aux coopératives, l’achat, la charge, qui ont conduit au démantèlement du marche et au renforcement de la différenciation entre coopérateurs et prolétaires etc. La littérature en mettant en avant les aspects négatifs, en les accentuant, en les banalisant.


Il faudra donc trouver les formes qui empêcheront le phénomène de se reproduire. Sur ce plan nous ne partons pas de rien. Mao Zedong avait réfléchi à ces problèmes et avait trouvé une solution. Il avait toujours affirmé que « la bourgeoisie se reforme sous la dictature du prolétariat, elle formait une nouvelle bourgeoisie », qui ne détenait pas directement les moyens de production, mais détenaient des postes-clés, avait une influence dans l’Université, etc. il avait aussi dit que : «  la possibilité  de restauration capitaliste demeure ». La solution qu’avait trouvé Mao, était de « s’appuyer sur les masses », de développer la « ligne de masses », car ce sont « les masses qui font l’histoire ». Il fallait « renforcer dans tous les domaines la dictature du prolétariat ». Nous ne partons pas de rien avec Mao, nous ne partons pas de rien avec la Commune de Paris et la période de la Résistance.


Etant donné le développement inégal du capitalisme, le développement inégal de la conscience de classes, à l’intérieur de la conscience de classes, à l’intérieur d’un pays donné et dans chaque pays, la période de transition ne se posera pas dans les mêmes conditions dans tel type de pays (impérialiste ou opprimés), pas plus que le processus de prise du pouvoir. Il va de soi que ces conditions seront différentes dans chaque pays pris séparément. Le plus vraisemblable, c’est que la guerre populaire prolongée se développe dans un, deux, plusieurs pays, qu’une chaîne de guerres populaires, de victoires et de reculs sur une longue période sape largement les bases de l’impérialisme.

 

Cela suppose que dans chaque pays soit constitué le parti communiste maoïste. Alors sur une longue période la révolution mondiale peut se développer, au point de former un vaste front mondial dirigé par les partis maoïstes agissant de concert. Ceci pose la question de la guerre populaire prolongée dans deux types de pays (impérialistes et opprimés) et non une guerre prolongée dans les pays opprimés et l’insurrection pour les pays impérialistes. Il s’agit dans chaque pays de préparer la guerre à différents niveaux, en utilisant des moyens « pacifiques » et des moyens radicaux, suivant le rapport de force établi, le niveau de conscience atteint par les plus larges masses ; cette dernière condition est liée à la lutte largement menée contre le révisionnisme moderne et vérifiée par les masses dans sa propre pratique.

 

Pour atteindre ces conditions, chaque Parti développe sa pensée-guide, ses organismes de masses, de combat, présente un programme correspondant aux préoccupations, aux besoins réels des masses en relation avec la situation réelle des classes, de la lutte de classes, des conditions politiques, économiques et culturelles, de la situation nationale européenne en ce qui nous concerne, de la situation internationale etc. Il nous faut partir des masses, pour nous appuyer sur elles, en tirer les enseignements etc. Le programme proposé va dans ce sens, son objectif premier est de souder les révolutionnaires afin que la pensée-guide se cristallise et devienne la base d’Unité des maoïstes.


Il est évident que le communisme ne peut être installé pas décret, il est le produit d’un long processus révolutionnaire qui suit un chemin sinueux, avec des avancées, des reculs. Le système capitalisme comme toute société a une limite car il ne correspond plus au niveau de développement de la société, il produit des richesses en telle quantité, dont une partie est inutile, parasitaire, mais qui ne peut satisfaire les besoins élémentaires de la moitié de la population mondiale, et soumet à sa dictature faite d’exploitation et d’oppression 90%. Ce qui conduit à des guerres de plus en plus destructrices. Seule la lutte pour la construction du socialisme peut les empêcher.

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