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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 09:53

Voici le tract diffusé hier lors de la manif pour le droit au logement à Paris (cliquez sur l'image pour télécharger le tract en PDF):

 

http://sd-1.archive-host.com/membres/images/205030527444844614/tract_logement.png

 

 

Logement :
élargir et organiser la résistance !

 

Y a-t-il pénurie de logement ?


Les terrains dans le centre des grandes villes ont atteint des prix faramineux. Depuis Haussmann, les quartiers populaires de Paris ont été démolis pour faire place aux appartements somptueux, aux bureaux, aux banques et commerces. Les prolétaires sont chassés vers les cités des banlieues. Les propriétaires des vieux immeubles ne les réparent pas et les vendent aux promoteurs qui les revendent à la découpe ou les louent à des prix élevés. Parfois, des incendies criminels accélèrent la juteuse « rénovation ». Les prix de vente et des loyers s’envolent. L’Etat ou la ville spécule, brade le logement social existant et ne construit plus de logements sociaux.


Les plus démunis ne peuvent plus se loger que dans des taudis insalubres, vétustes, loués à prix d’or par les marchands de sommeil. Les plus pauvres, les SDF ne peuvent même pas louer un logement quand ils travaillent car il faut 3 fois le salaire ou des garanties.


Friedrich Engels écrit dans La Question du Logement : «  Ce qui est certain, c’est qu’il y a dans les grandes villes déjà suffisamment d’immeubles à usage d’habitation pour remédier sans délai par leur emploi rationnel à toute véritable « crise du logement ». Ceci ne peut naturellement se faire que par l’expropriation des propriétaires actuels, par l’occupation de leurs immeubles par des travailleurs sans abri ou immodérément entassés dans leurs logis ; et dès que le prolétariat aura conquis le pouvoir politique, cette mesure exigée par le bien public sera aussi facile à réaliser que le sont aujourd’hui les expropriations et réquisitions de logements par l’État.  »


Le fond du problème que nous connaissons aujourd’hui est identique. Il y a 2,1 millions de logements vides en France, dont près d’1,5 million sont récupérables, sans compter les immeubles de commerce, de bureaux, des municipalités, des régions, de l’Etat, de l’armée, de l’administration, etc.


Il y a plus de 3,6 millions de personnes mal logées, dont plus de 685 000 n’ont pas de domicile personnel, et près de 2,8 millions ont des conditions de logement très difficiles.


La réquisition des logements vides suffirait donc à ce que chacun et chacune ait accès à un logement. La construction de logements sociaux permettrait de résoudre le problème du mal logement.


La réfection des vieux logements et la construction des nouveaux permettraient, en outre, d’embaucher et de former des dizaines de milliers de chômeurs. Le problème pourrait être résolu en 2 ans.


Pourquoi y a-t-il une crise du logement ?


En matière de logement, la bourgeoisie a pour politique le profit, composé de 4 parties :


1. La plus-value prise sur le travail des travailleurs des mines, fabriques de ciment, plâtre, verre, profilés d’aluminium, fer à béton, etc. en amont,
2. La plus-value prise sur le travail des ouvriers du bâtiment en aval,
3. La spéculation foncière, (vente de terrain et revente de locaux, appartements, etc.) et la rente foncière (location, fermage),
4. Le prêt bancaire pour l’achat des logements.


Le terrain est d’abord la terre à l’état brut : terres agricoles, prairies naturelles, forêts, montagnes, etc. Les municipalités, la région ou l’Etat se chargent de les viabiliser (eau, électricité, égouts, routes,…) en faisant appel aux entreprises qui seront payées par les impôts locaux ou autres. Que les terrains soient privés ou publics, leur prix bondit après viabilisation. C’est la spéculation sur les terrains.


Le terrain viabilisé fait l’objet de spéculation foncière, qu’il s’agisse de terres agricoles qui deviennent terrain à bâtir ou de terrains municipaux.


Lorsqu’il est vendu par les municipalités, il est en général à un prix plus bas que celui du marché avec une contrepartie plus ou moins importante de constructions sociales (HLM, écoles, locaux, etc.).


Les agents immobiliers et les promoteurs sont sur les rangs. Les premiers font monter le prix du terrain et encaissent au passage une commission. Les promoteurs prennent leurs bénéfices sur la vente des appartements et locaux construits ou récoltent la rente foncière sous forme de loyer pendant que les banques accordent des crédits qui vont faire doubler le prix d’achat de l’appartement en 20 ans. C’est le premier cycle de la spéculation foncière.


Pour maintenir le taux de profit, la bourgeoisie doit entretenir une certaine rareté dans la construction de logement ou la remise en état de logements anciens, sinon le cycle est fermé, la spéculation ne peut s’amplifier faute d’acheteurs ou de locataires demandeurs en attente. C’est pourquoi la bourgeoisie limite au minimum la construction de logements sociaux ou l’entretien des immeubles. Il est plus avantageux, grâce à la spéculation, de revendre un bien que de l’entretenir. La construction d’appartements, de locaux avec des matériaux solides qui durent longtemps s’inscrit contre la spéculation. Elle préfère laisser les bâtiments se dégrader, les démolir et reconstruire ; ce qui est un frein au développement du parc immobilier.


Que faire ?


La loi de réquisition existe. Elle est prévue dans plusieurs articles du Code de la Construction et de l’habitation (articles L641-1 et suivants, et L642-1 et suivants).


Elle a été très rarement utilisée : en 1995 pour 448 logements ; en 1996 pour 571 logements ; en 2001 pour 445 logements ; sans oublier les logements réquisitionnés juste après la guerre par les communistes et les catholiques.


Pour faire avancer la lutte sur le front du logement, nous devons :


1. Donner une impulsion générale, nouvelle, aux occupations, à la réquisition populaire des logements vides.


2. Former des comités d’expulsés et des comités de lutte et de soutien pour résoudre nous-mêmes la question du logement.


3. Mener l’enquête, immeuble par immeuble, dans chaque quartier, ville par ville, pour localiser les logements vides et celles et ceux qui n’ont pas de logement, sont menacés d’expulsion.


4. Elargir la lutte à tous les expulsés, les menacés d’expulsion.


5. Organiser cette lutte au niveau d’un quartier, d’une ville, d’une zone, d’un département, d’une région puis dans tout le pays.


6. Exiger la construction de logements sociaux neufs.


7. Réquisitionner les terrains en friches, publics et privés.


En lien avec la lutte pour le logement, les questions suivantes se posent :


 - Un travail
 - Un salaire décent
 - Le respect de l’environnement (isolation et consommation énergétique)


D’autres questions se poseront au cours de la lutte et amèneront de nouvelles réponses de notre part et ainsi de suite. Notamment la question des papiers, nécessaires pour obtenir un logement, à l’heure où le gouvernement a clairement adopté les positions de l’extrême droite à propos de l’immigration.


Gardons à l’esprit que la solution durable ne pourra être trouvée que dans la lutte, jusqu’à l’établissement d’un rapport de force qui fasse reculer la bourgeoisie pour de bon et ouvre la voie à l’émancipation totale de celles et ceux qui produisent les richesses dans notre pays et partout dans le monde.

 

Formons des comités dans tous les quartiers !
Organisons et élargissons la lutte pour le logement !

 

PC maoïste de France

 

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Published by drapeau rouge - dans Tracts du PCmF

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