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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 12:25

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Dans le numéro 522 de la Forge, le PCOF (Parti Communiste des Ouvriers de France) annonce qu’il rejoint le Front de Gauche.

Voici les arguments :

 « Au terme d’une discussion cordiale avec les représentants des six organisations du Front de Gauche, notre parti a intégré ce front. […] La participation au Front de Gauche place notre parti devant de nouvelles tâches, de nouvelles responsabilités et de nouveaux combats. […] La première, c’est de gagner les travailleurs, les masses […] c’est faire en sorte qu’elles s’emparent des mots d’ordre, de la perspective de rupture avec la politique néolibérale et avec le système […]. Les obstacles ne manquent pas. La perte de confiance dans la volonté des forces de la gauche de vraiment vouloir s’engager dans ce combat, « jusqu’au bout », c'est-à-dire, qu’elles continuent le combat après les élections, qu’elles ne cèdent pas sur leurs engagements […]. C’est pourquoi, nous pensons […] que les collectifs du Front de gauche, ou les « assemblées citoyennes » doivent être les instruments de mobilisation, de lutte. […] Ce n’est pas contradictoire non plus avec la campagne pour les présidentielles et les législatives […]. C’est la condition pour que le candidat du Front de Gauche, J.L. Mélenchon, fasse le résultat le plus élevé possible et que, dans la foulée, il y ait des candidats du FdG aux législatives qui soient élus. […] Mais il faut aussi que les forces du FdG convainquent de leur détermination à réaliser les ruptures nécessaires, à « faire payer le capital », à refuser de faire payer la crise aux travailleurs, aux chômeurs, aux masses. »

« Le programme du Front de Gauche – Ce programme est le socle politique sur lequel les forces qui composent ce front sont prêtes à se battre ensemble. Ce socle est forcément le fruit de compromis entre les positions des différentes composantes du front. C’est le propre même d’un « programme partagé ». »

« Notre parti milite depuis plusieurs années pour l’unité politique de la gauche de transformation sociale autour d’axes de rupture avec la politique néolibérale. […] [La crise] pose avec acuité la nécessité de construire une alternative de rupture sur tous les fronts avec cette politique et avec le système qui la sous-tend. […] [L]e Front de Gauche propose une démarche ouverte et insiste sur la nécessité de gagner les masses à ses propositions politiques. […] Avec la plupart des composantes du Front de Gauche, notre parti a déjà mené des campagnes politiques, notamment celle des régionales. Nous nous retrouvons ensemble sur de multiples fronts de la lutte politique et sociale, dans le cadre de collectifs. […] Notre souhait est que le Front de gauche s’élargisse encore à d’autres forces politiques, sociales, aux associations, aux militants du mouvement syndical, aux organisations qui luttent pour le droit des femmes, aux organisations de la jeunesse… »

Qui est le PCOF et quelle est son histoire ?

Le PCOF est né en 1979 d’une scission du PCMLF à l’issue de son 2ème Congrès, dont la liquidation totale surviendra quelque temps après la mort de Mao Zedong. Le PCOF, dans son 1er Congrès, a suivi Enver Hoxha, dirigeant du Parti du Travail d’Albanie, après la restauration du capitalisme en Chine. Il s’est construit contre le maoïsme, ralliant des militants troublés après les restaurations successives en URSS, dans les ex-pays socialistes, puis en Chine.

Dans le programme de son premier Congrès voilà ce que disait le PCOF :

« Le Parti lutte pour la destruction complète du système d’exploitation de l’homme par l’homme et l’instauration du communisme à l’échelle mondiale… Pour atteindre cet objectif final, il faut renverser la bourgeoisie, détruire l’appareil d’Etat bourgeois, instrument de la dictature de la classe bourgeoise… L’objectif stratégique du parti est d’instaurer la dictature du prolétariat et d’édifier le socialisme… Pour réaliser cet objectif, le prolétariat et les masses opprimées dirigés par le Parti doivent user de la violence insurrectionnelle. »

Dans le chapitre 2 - « La direction du Parti » il est dit :

« Le rôle du Parti est de diriger l’activité des masses… Pour mettre en déroute le révisionnisme et soustraire les masses à l’influence de tous les courants réactionnaires et réformistes. »

« Le parti exerce sa direction politique sur le mouvement ouvrier et populaire… Cette tactique doit s’appuyer sur le niveau de confiance des masses et être différente selon les couches auxquelles le Parti s’adresse. »

Pour ce faire le PCOF avait généré des organisations de masses : « Opposition Syndicale Révolutionnaire », « Union de la Jeunesse Anti-impérialiste et Antifasciste », « Union Révolutionnaire et Populaire contre la réaction, le fascisme et la guerre ». Avant son 2ème Congrès, il les sabordait puis approuvait les « accords de Matignon », accords colonialistes pour la Kanaky, au lieu de les dénoncer.

« Afin de ranger les grandes masses de travailleurs sous la direction du Parti et de créer les conditions pour lancer l’appel à l’insurrection révolutionnaire, le Parti peut envisager la formation d’un gouvernement provisoire représentant une large union des masses populaires ; une forme de transition (souligné par nous) pour la Révolution. Il doit servir au prolétariat à accumuler, en peu de temps, le maximum de forces pour l’assaut final de sa prise du pouvoir…trois conditions nécessaires à la formation d’un tel gouvernement :

I.            Que l’appareil d’Etat de la bourgeoisie soit désorganisé et paralysé.

II.           Que les grandes masses du peuple se dressent contre le fascisme et la réaction.

III.         Que les partis sociaux-démocrates et révisionnistes aient perdu une partie importante de leur influence au profit du Parti Communiste et se trouvent désorganisés et divisés. En particulier, il faut que la base de ces partis rejette avec force leur politique de trahison et en dénonce les dirigeants corrompus et vendus à la bourgeoisie. »

Le PCOF introduit une période de transition entre la dictature de la bourgeoisie et celle du prolétariat, comme le PCMLF l’a fait avec la démocratie populaire fondée sur la dictature du prolétariat. Aujourd’hui, le PCOF se rallie à un « programme commun » d’alternative démocratique.

Le PCOF, paradoxalement, reprend le maoïsme mais à l’envers. Il propose d’instaurer une période transitoire entre le capitalisme et le socialisme. Les maoïstes revendiquent une période transitoire mais uniquement dans les pays opprimés par l’impérialisme. La nécessité de cette période transitoire dans les pays opprimés prend ses racines dans le fait que dans les pays opprimés par l’impérialisme, l’analyse de classe est différente que dans les pays impérialistes (lire Analyse des classes de la société chinoise, Mao Zedong, 1926).

Dans les pays opprimés, il y a la classe ouvrière (faible numériquement mais représentant l’avenir de la révolution), le semi-prolétariat (paysans pauvres, petits artisans,…), la petite bourgeoisie (forte numériquement et composée des paysans propriétaires, petits commerçants, étudiants, etc.), la bourgeoisie nationale (oscillant entre révolution et réaction mais globalement pour l’indépendance nationale), les propriétaires fonciers féodaux et la bourgeoisie compradore et bureaucratique (permettant aux impérialistes de piller leur propre pays).

Etant dans un statut semi-colonial semi-féodal, la première étape de la révolution dans les pays opprimés est de se débarrasser de la domination impérialiste qui trouve son appui dans l’alliance entre la bourgeoisie compradore et bureaucratique et les féodaux. La révolution, elle, trouve son appui dans la classe ouvrière, le semi-prolétariat et une partie de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale.

La tâche est alors de se débarrasser complètement des féodaux et compradores et commencer la construction du socialisme. Voilà pourquoi les maoïstes affirment qu’il y a une étape de transition, appelée Démocratie Nouvelle, pour parvenir au socialisme dans les pays opprimés.

En revanche, les maoïstes ne fixent pas de période intermédiaire pour les pays impérialistes. La dictature du prolétariat se concrétise directement par la prise du pouvoir par la révolution au cours d’une lutte, d’une guerre prolongée se terminant par l’insurrection générale, la destruction totale de l’appareil d’Etat bourgeois. Il n’y a aucune nécessité de période transitoire en tant que telle.

La démarche d’aujourd’hui du PCOF est très en retrait de ses hypothèses de 1979. Le gouvernement qu’il est prêt à soutenir est celui d’un Etat bourgeois, dirigé par la social-démocratie qui ne remet pas en cause le système, ni ne veut rompre avec le capitalisme. Il ne veut que prétendre lutter contre le libéralisme, qui n’est qu’une des théories économiques du capitalisme, et non contre le capitalisme lui-même, à son stade impérialiste.

Dans la partie « Le Front Ouvrier contre le Capital » du programme de 1979, le PCOF affirmait :
 
« La lutte contre le révisionnisme est une nécessité vitale pour la victoire de la révolution. Elle doit se mener en théorie comme en pratique, afin de démasquer l’idéologie et la politique de collaboration de classe des révisionnistes du PCF et des autres partis réformistes. »

Le PCOF nie aujourd’hui la thèse marxiste-léniniste dont il se réclamait hier, et celle du maoïsme. Il ne combat plus le révisionnisme et la voie social-démocrate dans laquelle est embourbé le PCF aujourd’hui.
 
Cet extrait du 1er Congrès du PCOF montre que les racines du révisionnisme qu’ils dénonçaient à l’époque, déjà appréhendé par des camarades, se concrétisent ouvertement dans le communiqué intitulé « Le Parti Communiste des Ouvriers de France est membre du Front de Gauche » (voir les extraits plus haut). Le PCOF est pour une alternative au libéralisme. On est loin de la « dictature du prolétariat » proclamée en 1979.

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Published by drapeau rouge - dans Déclaration du PC maoïste de France

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