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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 10:21

(Pour les photos et vidéo de l'expulsion de la place de la Fraternité de la Courneuve, voir Expulsion des familles de la Courneuve : photos et vidéo)

 

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Depuis plus de sept mois, les familles expulsées de la Barre Balzac, après avoir été relogées durant l’hiver 2010-11 dans des hôtels qui coûtent entre 1500 et 2000 euros par mois puis finalement mises à la rue en avril dernier, étaient revenues sur le lieu d’où elles avaient été expulsées. Accompagnées des soutiens, elles étaient allées demander de l’aide à la Mairie. Dans une première phase, elles avaient été reçues par un adjoint délégué aux sports, qui fut méprisant : « Vous n’aurez rien ! » « Vous vous foutez de ma gueule ! » « Vous me prenez pour un con ! ». Voilà comment parle un élu à des travailleurs dans la détresse. Passons ! Le maire nous avait alors renvoyé devant son chef de cabinet, après une forte insistance des familles. La réponse fut un peu plus respectueuse mais similaire.

Le Conseil municipal, dont le maire est « communiste » et le président de l’OPHLM « socialiste », demanda l’expulsion à la préfecture. Dans un premier temps, ils perdirent le procès et appelèrent à la rescousse leurs comparses de la Plaine Commune, regroupant 7 municipalités (5 dirigées par la gauche, 1 par les Verts, 1 par la droite). La sainte famille, comme le disait Karl Marx, s’unissait pour demander l’expulsion de travailleurs en détresse. Mais cette sainte famille fut déboutée par le tribunal pour procédure abusive et dû verser 100 € par personne en guise de dédommagement.

Ne s’arrêtant pas aux procédures juridiques, la Mairie de la Courneuve a entretemps mené une propagande provocatrice et scandaleuse auprès de la population, qui avait apporté soutien et sympathie aux occupants de la place de la Fraternité, afin de diviser la population laborieuse de la Courneuve, semer le trouble et préparer leur mauvais coup. La Mairie n’ayant apporté aucun secours, ne serais-ce que des bouteilles d’eau, du lait pour les enfants, des sanitaires et un minimum de services sociaux ou de voirie pour les aider à maintenir un véritable état sanitaire, les expulsés -hommes, femmes, enfants dont certains en bas âge- ont dû compter sur leurs propres forces et assurer avec les moyens du bord le maximum de propreté. Les calomniateurs n’ont rien fait ni sur le plan purement humanitaire, ni du point de vue du minimum de morale communiste. Pire, alors qu’ils avaient laissé dans leur « merde » les travailleurs qui campaient, ils ont poussé une section CGT soucieuse de préserver le Centre de santé de la pollution « des odeurs », comme le disait Chirac, à se mettre en grève le jour même où la mairie était convoquée au tribunal, distribuant un tract reprenant les arguments scandaleux de la Mairie ; tract qui fut remis au juge en tant qu’argument pour l’évacuation de la place par l’avocate de la Mairie.

Devant ces arguments, le tribunal a appliqué la justice de classe bourgeoise contre les travailleurs, en faveur de la municipalité de « gauche » qui montrait dans la pratique sa  véritable position de classe. Il ne restait plus qu’à transmettre aux intéressés et à la Préfecture l’ordre d’exécution. Ce qui fut fait.

Le lundi 7 novembre 2011, avant 9 heures du matin, le dispositif d’expulsion s’est mis en place en plusieurs phases : 1. Arrivée de voitures banalisée de police, 2. Encerclement du camp, 3. Arrivée d’une dizaine de cars de gardes mobiles, 4. Arrivée de plusieurs cars de police nationale et de grands cars vides, sans compter les représentants de la préfecture, du commissariat, de la municipalité, des pompiers.

Les femmes ont été embarquées avec les enfants sans leurs maris et conduites dans un hôtel pour être hébergées à près de 30 kilomètres de là, à Chilly-Mazarin. 11 personnes dont des sans-papiers ont été conduites au commissariat. Les autres hommes et quelques femmes ont été laissées « libres » de se débrouiller pour se loger et retrouver leurs familles.La police nationale a embarqué dans leurs cars les tentes, matelas, couvertures,… La voirie de la Plaine Commune est venue « nettoyer » la place du reste du campement (palette, cartons, boites, vaisselles,…) et a pu installer dans la foulée les décorations de Noël.

Les travailleurs expulsés, l’ordre bourgeois était rétabli à la Courneuve !

L’Etat bourgeois comme nous l’avons dit plus haut préfère dépenser des millions en chambres d’hôtel plutôt que de pratiquer la loi de réquisition des logements. Il ne veut pas remettre en cause le sacro-saint droit de propriété -nous ne parlons pas de la propriété personnelle acquise par toute une vie de travail, mais de la propriété foncière détenue par les institutions financières, les magnats de l’immobilier, du bâtiment et des travaux publics, les institutions publiques de l’Etat, de ses ministères, de l’armée etc…, mais des friches industrielles abandonnées qui se comptent par centaines, des milliers de logements, des centaines de milliers d’hectares de terrains. Ils ne veulent ni exproprier, ni réquisitionner, car cela ferait baisser le prix du terrain, les prix du mètre carré et celui des loyers pour les logements.

Non seulement le problème du logement serait réglé en y ajoutant un programme de construction massif de logements sociaux, mais cela créerait des centaines de milliers de création d’emploi dans le bâtiment, rendrait les achats d’appartements moins coûteux et les loyers plus abordables. Cela augmenterait le pouvoir d’achat des ménages, et ainsi de suite.

Mais comme ils sont accrochés à leurs privilèges, ils ne céderont pas.

Après la guerre et devant le manque de logements dû aux destructions, le Parti Communiste, qui avait eu 100 000 fusillés dans Résistance, et une partie des catholiques qui s’étaient opposés au régime fasciste de Vichy et à l’occupant nazi utilisèrent la loi de réquisition votée par le Parlement pour occuper les logements vides, les logements des kollabos, etc. Bref, ils continuaient la résistance sous d’autres formes.

A l’époque, le Parti Communiste représentait les intérêts de la classe ouvrière et du peuple. Il était un grand Parti, tout comme le Parti Communiste de l’URSS et celui de la Chine de Mao Zedong. Mais après la mort de Staline la restauration capitaliste a commencé et s’est achevée en 1989. La Chine d’après Mao a elle aussi restauré le capitalisme. Les partis occidentaux ont suivi la même voie en jetant « le bébé avec l’eau du bain » comme on dit. Le Parti est devenu un parti que nous qualifions de révisionniste : il a révisé la théorie et la pratique communiste.

Son lamentable appel à la justice pour chasser les travailleurs du refuge, certes précaire, qu’ils avaient trouvé ici à la Courneuve et son refus de leur apporter ne serait-ce qu’une aide humanitaire, montrent hélas de quel côté la municipalité s’est placée.

Nous ne saurions confondre la politique réactionnaire des responsables de la gauche, qu’ils se disent communistes ou socialistes, avec la sincérité et la volonté d’en finir avec ce système d’oppression et d’exploitation exprimée par les membres ou sympathisants de ces formations politiques. Mais ce n’est pas en suivant la stratégie des révisionnistes, des réformistes, des renégats et de ceux qui se comportent comme des agents de la bourgeoisie ou qui agissent avec elle contre les travailleurs que nous pourrons nous sortir du bourbier dans lequel nous plonge le capital financier. Pire, le frein qu’ils constituent, les promesses qu’ils ne peuvent ni mettre en œuvre aujourd’hui, ni tenir demain, ne font que renforcer le camp de la réaction et jeter les gens trompés dans les bras du Front National et des fascistes.

Comme on disait avant la guerre, le réformisme creuse le lit du fascisme.

C’est pourquoi ici, à la Courneuve, mais aussi sur notre département le 93 et dans tout le pays, nous devons et pouvons commencer à organiser une véritable résistance contre la réaction, le réformiste et le fascisme. Cela nous pouvons le faire en nous regroupant dans un vaste Front Révolutionnaire Anticapitaliste/Antifasciste et Populaire.

Nous appelons les militants honnêtes des partis de gauche, des syndicats ouvriers, des associations démocratiques à dénoncer publiquement les pratiques telles que celle que les familles expulsées  de la Courneuve viennent de vivre. Nous les appelons à mener la lutte contre de telles pratiques et l’abandon des idéaux de la classe ouvrière dans leur propre parti.

Cela renforcera, aidera à la reconstruction du Parti et du Front populaire dont nous avons besoin.

Notre lutte n’est pas isolée de la lutte des peuples du monde entier contre le système capitaliste, n’est pas séparée de la lutte des communistes de chaque pays pour faire revivre et reconstruire le Mouvement Communiste International et un vaste front révolutionnaire unissant les larges masses populaires.

Partout où cela est possible, développons les instruments de la révolution !

PC maoïste de France
8 novembre 2011

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Published by drapeau rouge - dans Déclaration du PC maoïste de France

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