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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 19:49

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En Juillet 2010, plusieurs centaines de famille sont expulsées manu-militari de la Barre Balzac qu’elles occupaient, faute  de logement. Bien que cette barre soit vouée à la destruction, les familles y trouvaient une aire de repos, elles avaient un toit sur la tête. Elles payaient d’ailleurs un « loyer » à l’OPDHLM pour une barre en délabrement organisé.

La démolition et la reconstruction ne sont pas dramatiques pour tout le monde. Elles engraissent les promoteurs, qu’il s’agisse de constructions privées ou publiques. Par contre les expulsions sont dramatiques pour des familles avec enfants, avec des salaires faibles, pour des travaux dangereux et/ou difficiles. Les expulsés de la Courneuve font partie de la seconde catégorie. Les nouveaux locataires paieront sans doute des loyers plus élevés, en conformité avec la hausse générale des loyers et du prix du mètre carré.

Qui a demandé l’expulsion ? C’est la direction de l’OPDHLM, dirigée par un conseiller général, membre du PS. La municipalité de la Courneuve s’est félicitée de l’intervention musclée de la police, ainsi que, bien entendu, le président de l’OPDHLM, également membre du conseil municipal.

Poursuivons !

La préfecture a relogé les expulsés répertoriés par les huissiers, ceux qui n’étaient présents lors de l’expulsion parce qu’ils étaient au travail n’ont pas été pris en compte pour un relogement en hôtel dans divers départements. La municipalité a « offert » le transport des expulsés vers leur nouvelle « demeure » qui fait les choux-gras des marchands de sommeil.

Passons !

La préfecture n’a assuré un logement qu’à une dizaine de familles. Les autres, après neuf mois de promesses de logement, ont dû quitter l’hébergement en hôtel et se retrouver encore une fois sans toit alors que la plupart travaillent.

Les familles ont donc décidé de revenir d’où elles étaient parties, à la Courneuve. Elles campent depuis place de la Fraternité. Dispersées, elles se sont regroupées pour mieux se défendre pour enfin obtenir un logement, appuyés dès le début par le DAL, le CSP75 et le Comité de soutien et de lutte – la Cause du Peuple 93, bientôt rejoints pas d’autres associations et syndicats et quelques partis politiques qui ont formé un comité de soutien unitaire. Le principe qui a été adopté a été que toutes propositions soient examinées en AG réunissant les familles et le comité de soutien, les décisions étant prises en dernier ressort par les familles en lutte. Chaque organisation a la possibilité par ailleurs d’exprimer sa position par voie de tract, déclaration, affiche.
 
La mairie ne l’a pas entendu de cette oreille. Elle a refusé toute aide : pas de local pour être à l’abri, pas de couvertures, d’aide alimentaire, de sanitaires chimiques. Vous n’aurez rien. Allez voir la préfecture, ce sont eux les responsables. Fi de l’expulsion HLM, fi de l’approbation de la municipalité dérangée dans sa modernisation du parc immobilier. Pas de ça chez nous. Allez donc dans les municipalités de droite, autrement dit dans la gueule du loup, vous n’êtes pas de La Courneuve. Nous avons 52% de logements sociaux, nous sommes contre les expulsions, etc.

Ce refus n’a pas entamé la détermination des familles. La municipalité a alors demandé à la préfecture l’évacuation de la place, prétextant la gêne. Pourtant le voisinage est plutôt bienveillant, compréhensif avec les occupants de la place, bien que peu argenté, ils ont apporté un soutien important en nourriture, médicaments, vêtements, réconfort. C’est cela la solidarité prolétarienne véritable, spontanée, sans calcul mesquin.

Mais l’intransigeance de la municipalité et son entêtement ont provoqué une prise de conscience de l’ignominie d’une telle démarche. La section du 93 du Parti de gauche a désavoué l’attitude de la municipalité ; la lutte entre deux façons de régler ce problème s’est développée. Des militants du PCF sont venus dire qu’ils étaient en désaccord avec le maire, pourtant du même parti. Nous autres maoïstes disons que pour avancer dans la lutte de classes (et s’en est une qui se déroule), deux conceptions du monde s’affrontent : la conception bourgeoise d’un côté, la conception prolétarienne de l’autre.

Sentant le sol se dérober sous ses pieds, la municipalité a appelé en renfort la Plaine Commune regroupant 8 municipalités dirigées là par le PCF, là par le PS, là par les Divers Droites, mais aussi par les Verts ; et pourtant certains sont signataires du soutien et font partie du comité. Ce qui montre que c’est dans la pratique que chacun choisi son camp.

Ainsi les véritables communistes, socialistes, progressistes et démocrates se regroupent face à ceux qui prennent des positions en contradiction avec la pratique qu’ils ont pu avoir ou ont eu jusque là. Ainsi s’opère et va se développer la décantation qui va permettre au mouvement ouvrier et populaire de retrouver son âme ; ainsi vont se retrouver ensemble peu à peu les révolutionnaires, les progressistes et les vrais démocrates dans un front qui ne demande qu’à grandir pour faire reculer la réaction, le fascisme qui se met en place tous les jours, pour en finir enfin avec ce monde d’inégalité, où le droit d’avoir un travail pour vivre, un logement pour se loger, la sécurité pour sa famille, la paix enfin ne soient plus de vains mots inscrits sur la façade des mairies.

Les familles qui doivent camper sur la place de la Fraternité sont nos frères de classes. Ils vivent dans les conditions précaires, difficiles, auxquelles sont confrontées des centaines et des centaines d’habitants de la Courneuve menacés d’expulsions, isolés, frappés l’un après l’autre par l’OPDHLM qui expulse à tour de bras à l’aide de la justice et ses huissiers et la police si nécessaire. Ils sont isolés. Pourtant ils ont des droits, le droit à une vie digne. Avoir un toit est inscrit dans la constitution, tout comme les mesures de réquisition.

En France il y a 2 millions de logements vides mais ils ne veulent pas réquisitionner parce que la demande de logements baisserait fortement entrainant la diminution des loyers, du prix du mètre carré et bien sûr le profit des investisseurs, des promoteurs et des gros propriétaires fonciers. S’il faut plus de logements sociaux, les réquisitions en réduiraient le nombre, la socialisation des terrains des villes ferait aussi chuter le prix de l’immobilier. Bref c’est une question de volonté politique. La bourgeoisie et les réformistes n’auront jamais cette volonté politique. Seul le prolétariat organisé, seul un parti révolutionnaire peuvent mettre en œuvre une telle politique.

Les révoltes héroïques des peuples arabes marquent le pas, la bourgeoisie et les opportunistes réapparaissent, s’organisent, car ce qu’il manque c’est une véritable organisation révolutionnaire dont l’objectif est d’en finir avec le système d’exploitation et d’oppression, le système capitaliste, l’impérialisme fauteur de misère et de guerre. Il n’y a pas d’autre voie. « La question du logement sera aussi facile à régler pour le prolétariat quand il aura pris le pouvoir que pour la bourgeoisie quand elle procède aux expropriations. » (Friedrich Engels - camarade de Karl Marx - la Question du logement).

PC maoïste de France - juin 2011

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Published by drapeau rouge - dans Luttes pour le logement

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