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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 11:23
Le premier Cahier du maoïsme (revue marxiste-léniniste-maoïste) posait le problème de la guerre populaire dans les pays impérialistes.            Partant de l’analyse de la Commune de Paris, puis d’une analyse critique de l’histoire du PCF, de la Résistance Antifasciste et du combat des maoïstes dans les années 70, la revue en concluait qu’à partir de différents éléments on pouvait dire qu’un début de guerre populaire s’était déjà produit dans notre pays et dans d’autres pays impérialistes comme l’Italie avec la Résistance antifasciste et le mouvement des années 70/80. En 1789, la Révolution française était dirigée par la bourgeoisie, classe révolutionnaire montante contre le féodalisme. Le Tiers-Etat, regroupait outre la bourgeoisie, les éléments du peuple, (artisans, paysans pauvres, ouvriers des villes). La Révolution aura un double caractère, celui de lutte anti-féodale contre la monarchie et l’Eglise, puis de libération nationale contre les interventionnistes et les émigrés. La Commune de Paris sera dirigée par le prolétariat en armes contre la bourgeoisie, elle réalisera des réformes, édictera de nouvelles lois qui auront un caractère prolétarien. Marx dira « la Commune c’était la dictature du prolétariat »

            En 1936, le Front Populaire constitua un barrage puissant contre le fascisme après la tentative de coup d’Etat d’extrême-droite en 1934. Bien des conquêtes sociales importantes aient été obtenues (dont les congés payés), après plusieurs semaines d’occupation des usines immédiatement après l’élection d’un gouvernement de gauche. Le PCF qui ne faisait pas partie du gouvernement, privilégia l’alliance au sommet avec le Parti Socialiste et non l’union à la base telle qu’elle avait été définie par la IIIème Internationale. Cette politique d’alliance au sommet sera critiquée par l’Internationale et le PCF fera son autocritique. Le PCF était  plus un Parti de masses (quantitativement) que d’avant-garde. Sa stratégie était de fait la conquête du pouvoir, par la voie parlementaire, pacifique, l’alliance avec un Front de partis et pas un Front de masses dirigé par lui. Englué dans sa stratégie électoraliste, le PCF ne s’était pas doté d’une organisation armée pour s’opposer à l’appareil d’Etat bourgeois et le conquérir. En 1938, les radicaux renversent le gouvernement Blum qui avait refusé d’envoyer massivement des armes au Frente Popular. Daladier signera les accords de Mûnich avec Hitler.

Après avoir épuiser toutes possibilités d’accords avec l’Angleterre et la France, l’URSS pour gagner du temps et se protéger, dû signer le pacte de non-agression avec l’Allemagne. Immédiatement le PCF fut dissous, les députés arrêtés. Quand Hitler envahit la Pologne et que la guerre fut déclarée, le PCF dénonça la guerre comme une guerre entre pays impérialistes, ce qui était vrai puisque le Front Populaire anti-fasciste avait été balayé par les radicaux, mais il ne donna pas de consigne pour organiser à l’intérieur de l’Armée des comités antifascistes, anti-hitlériens. Il fallu que l’invasion puis l’occupation et l’instauration d’un gouvernement fasciste, raciste et corporatiste pour que le PCF organise la Résistance contre l’occupant et le gouvernement de Vichy. La Résistance Antifasciste va regrouper les antifascistes sous la direction du Parti Communiste qui dirigera la lutte armée contre l’occupant nazi et l’Etat fasciste et collaborationniste de Vichy. Cette armée aura un double caractère, antifasciste et de libération nationale. Ce double caractère contient  différents éléments qui caractérisent la guerre populaire à savoir : une guerre dans laquelle le peuple est partie prenante, dirigée par un Parti Communiste, ayant une armée de partisans contre l’ennemi, et un front national (qui n’a rien à voir avec le FN de Le Pen). Le  PCF s’est malheureusement contenté du programme du CNR et par la voix de Thorez, sous la pression de De Gaulle, a dissous l’Armée de Partisans (FTP) et les FFI qu’il contrôlait afin qu’elles soient absorbées dans l’Armée Nationale bourgeoise. Il a dissous les Comités de Libération qui constituaient un double pouvoir en face des préfets de De Gaulle, ne poursuivant pas la conquête du pouvoir dans tout le pays. Le PCF a alors intégré l’appareil d’Etat bourgeois pensant le conquérir de l’intérieur. La guerre de partisans n’avait pas de bases d’appui permanentes sauf sur le Plateau des Glières. Ce n’est qu’après dans les zones libérées de l’occupant nazi par les forces  de l’Intérieur (FTP, FFI) avec l’appui ou non des Alliés que de nombreuses localités purent établir le pouvoir populaire dirigé par les comités de Libération. Dans les années 60, il s’est enfoncé dans la révision de la théorie révolutionnaire du prolétariat, le marxisme-léninisme. Il a théorisé à la suite de Khrouchtchev, la thèse du passage pacifique au socialisme et s’est enfoncé de plus en plus dans le crétinisme parlementaire.

            Plusieurs éléments ont composé le cocktail idéologique explosif qui allait déclencher le mouvement de 1968, le début de la révolution sexuelle qui s’est opposée à la séparation des filles et garçons dans deux résidences séparées à Nanterre d’où la lutte est partie, la contestation de la société de consommation (Marcuse), le situationnisme (le livre  d’Hockeingeim - misère en milieu étudiant), la guerre au Vietnam (comités Vietnam de base), le mouvement d’opposition à Berkeley, Rudy Dutschke en Allemagne et le mouvement anti-impérialiste, la lutte contre le révisionnisme moderne khrouchtchévien, la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine, le mouvement maoïste, la tricontinentale etc.. Sur le plan économique, de grandes grèves comme celle de la Rhodiaceta avaient jalonné l’année 67. Les évènements du Quartier Latin après la fermeture de Nanterre, allaient provoquer la nuit des barricades le 10 Mai 1968. Le 13 Mai à l’appel des syndicats contre la répression du mouvement étudiant, une manifestation rassemblait  1 million de manifestants à Paris; jour après jour, des usines étaient occupées  par les grévistes. Au bout d’une dizaine de jours, 10 millions de travailleurs étaient en grève, des paysans apportaient leur soutien, les commerçants recevaient des bons d’achat émis par les syndicats à Nantes.

            Bref la situation était quasi insurrectionnelle, mais le PCF ne pouvait que se comporter comme un parti légaliste, réformiste et révisionniste et développer sa thèse d’Union de la Gauche pour la conquête du pouvoir pacifique par la voie parlementaire. Certes la bourgeoisie a été contrainte de faire d’importantes concessions, entre autre le droit des immigrés à être syndiqués et élus, de fortes augmentations de salaires etc. De Gaulle avait eu le temps de se ressaisir et la bourgeoisie désemparée, revigorée défilait sur les Champs-Elysées (1 million de personnes), la gauche était battue aux élections, une chambre gaulliste était élue. Mais le mouvement allait se poursuivre encore plusieurs années, les trotskystes avançaient la thèse du reflux, alors que les maoïstes de la Gauche Prolétarienne qui s’était formée en Août par la fusion d’une partie du mouvement du 22 mars et d’une partie de l’UJCML refusait la théorie du reflux et posait le problème de la guerre prolongée. Un plan d’implantation était élaboré vers les usines, lutte contre l’exploitation, l’oppression et la conciliation réformiste et révisionniste était engagée. A Renault, c’était l’affrontement entre le comité de lutte et la direction CGT. De nombreuses victoires étaient obtenues par le comité de lutte, des actions contre les mouchards étaient organisées (GOAF, groupes ouvriers anti-flics), la rotation sur les chaînes étaient mises en place (division peinture notamment), finalement la GP était interdite, les directeurs de la Cause du Peuple arrêtés et les vendeurs de la Cause du Peuple (maoïstes ou militants solidaires d’autres organisations) étaient jetés en prison. Ce qui n’empêchaient pas le mouvement de se développer au contraire. L’Union Nationale des Comités de Lutte d’Ateliers (UNCLA) était créée, mais aussi les Comités Vérité et Justice, le Secours Rouge qui regroupaient des militants de diverses organisations. La GP était très activiste. La transformation de la GP en Parti était annoncée mais ne vit jamais le jour. La ligne empruntait divers aspects du maoïsme « on a raison de se révolter », lutte intransigeante contre le patron, lutte en dehors des cadres réformistes et révisionnistes, création d’une branche semi-armée, la NRP (Nouvelle Résistance Populaire), dans l’idée de détachements de nouveaux partisans. Mais la théorie  de la construction du Parti par le bas persistait, alors que la GP avait été créée, elle, par le haut. L’UNCLA défendait une ligne économiste, (la défense du beefsteak, le  rejet du politique). La course derrière les Lip qui faisaient la révolution sans le savoir comme le prétendait le chef de la GP, Pierre Victor (Béni-Lévi) amena la direction a déclaré caduques les thèses marxistes-léninistes et a dissoudre la GP. Le mouvement autonome sur une ligne encore plus anarchisante va tenter d’appliquer la thèse des maisons pour tous qui était la thèse de la dissolution dans les masses proposée par la direction de la GP. Les NAPAP vont former un noyau armé, qui exécutera Tramoni assassin de Pierre Overney. Va leur succéder le groupe Action Directe, qui va multiplier les actions armées et attentats contre des cibles anti-impérialistes et capitalistes. La GP a été le seul mouvement se réclamant du maoïsme  qui a eu une pratique importante dans les masses ce qui fait sa différence avec Action Directe qui n’a eu pratiquement aucune influence politique, et organisationnelle dans la classe ouvrière, la GP a pratiqué l’action symbolique semi-armée et avait comme objectif de mener la lutte armée, la guerre prolongée contre la bourgeoisie, mais n’a franchit pas le pas.

            Les manques de ces deux organisations (GP et AD) ne sauraient faire oublier les aspects positifs de l’une et l’autre, pas plus que le révisionnisme ouvert du PCF depuis les années soixante, ne saurait faire oublier, la juste création de la section française de la IIIème Internationale, les luttes menées, et particulièrement la période de la Résistance. Ces expériences, ces luttes,  font partie de notre patrimoine idéologique, politique et organisationnel comme la Commune de Paris et sur le plan international, la Révolution d’Octobre, la Révolution Chinoise, et les guerres populaires menées aujourd’hui au Pérou, au Népal, en Inde, en Turquie…

            En 1981, la gauche arrive au pouvoir, sociaux-démocrates en tête, alliés au PCF, Mitterrand a défini son objectif, réduire l’influence du PCF, lui faire perdre son électorat  qui se réduira comme une peau de chagrin. Les ministres « communistes » vont  gérer le capitalisme. On connaît la suite. Les partis de gauche dont le P. « c ».F  vont perdre les élections  présidentielles en 2002, non pas parce qu’ils étaient divisés au 1er tour, mais parce que les promesses électorales n’avaient pas été tenues, que le chômage avait considérablement augmenté etc.

Devant la montée du Front national et bien  que l’extrême droite ne totalisa que 6 millions de voix contre 10 pour la droite, ils ont appelé à voter Chirac qui a été élu à 82% des voix sur 70% de votants. Bien qu’élu grâce aux voix de la gauche et de l’extrême gauche. Chirac a accéléré la restructuration capitaliste prenant des mesures en conséquences, attaque contre les retraites, augmentation de la CSG, diminution des remboursements de santé avec l’aval de la CFDT, mise en place d’un nouveau contrat social (loi Borloo) et ses maisons de l’emploi.

Lors du référendum sur la Constitution Européenne, malgré l’appui de la majorité du PS et de la CFDT qui appelaient à voter oui, malgré la bienveillante « neutralité » « syndicale » que tenta de faire passer la direction CGT, position renversée par le CCN (Comité Confédéral National) qui fit adopté le NON, le mouvement ouvrier et populaire a voté massivement pour le NON. C’était la 1ère victoire du prolétariat et du mouvement populaire.

 Malgré cela, comme nous l’avions prévu et écrit dans notre presse, la bourgeoisie et le gouvernement de droite ont poursuivi leur offensive. De nouvelles mesures étaient prises soi-disant pour enrayer le chômage. Des nouveaux contrats ont succédés aux précédents. Le premier le CNE (Contrat Nouvelle Embauche) était avalisé par la CFDT. Il concernait les jeunes de moins de 26 ans embauchés dans les entreprises de moins de 20 salariés, lesquelles pouvaient s’en séparer sans préavis. La CGT et FO, bien qu’ils n’aient pas signé ce contrat étaient impuissantes à s’y opposer. Il y avait eu pourtant d’importants mouvements, comme celui de l’Education Nationale, contre les Retraites etc. Au lieu d’appeler au blocage de l’économie capitaliste, en appelant à la « grève générale », ils appelaient dans la légalité avec préavis à des journées d’actions, secteur après secteur, empêchant ainsi tout mouvement généralisé. Les travailleurs perdaient des journées de salaires sans rien obtenir ou presque. Le découragement, l’amertume gagnait du terrain. Les partis de gauche n’avaient aucune perspective à offrir, si ce n’est que d’attendre 2007, pour mettre à la tête de l’Etat capitaliste un gouvernement de gauche en place de celui de droite, c’est ce qu’on appelle l’alternance, que nous avons déjà vu à l’œuvre.  

            La misère, le chômage des jeunes considérable (40%) dans les quartiers populaires s’accompagne d’une répression de plus en plus forte. La mort de 2 jeunes électrocutés et un autre grièvement brûlé à Clichy sous Bois, suite à une poursuite de police sans fondement ont provoqué la révolte des banlieues. Cette révolte a soulevé la chape de plomb qui écrasait le prolétariat.

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Published by drapeau rouge - dans Tracts du PCmF

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