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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 11:19

Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine, cela a été de nouveau démontré. Cette révolte a été suivie par celle de la jeunesse étudiante, lycéenne qui s’est soulevée contre le CPE. L’occupation de la Sorbonne a conduit l’Etat a envoyé les CRS et gardes mobiles pour délogés les occupants, le quartier était toujours bloqué un mois après. Cela n’a pas arrêté la détermination des étudiants et des lycéens. Le mouvement qui était parti de la fac de Rennes II, s’était étendu à Toulouse et Nanterre, puis en a atteint 70 universités, plus de 700 lycées sont bloqués. La jeunesse dans toute la France est dans la rue. 70% de la population est contre le CPE, car chacun se sentait concerné non seulement pour l’avenir de ses enfants, mais aussi par la démolition systématique du Code du Travail, la suppression de tous les acquis obtenus par la lutte sans interruption du prolétariat. Les manifestations s’amplifient de jour en jour pour atteindre 3 millions le 28 mars. La provocation de Chirac à la télé en remettra autant dans la rue le 4 Avril. Pouvons nous dire que la révolte des banlieues, le mouvement contre le CPE soient des éléments de la guerre populaire, font partis du processus qui y conduit ? Oui, ce sont les prémisses de la guerre populaire ! Les jeunes des banlieues ont osé se révolter sans organisation, car les organisations ont abandonné un véritable travail politique révolutionnaire dans ces quartiers, pour la simple raison qu’ils sont opposés à la rage qui se transforme en violence. Elles appellent au renforcement de la police, de la justice, demandent plus de moyens pour neutraliser cette colère, cette rage, pour pacifier la jeunesse désespérée. Ceci explique pourquoi, les pacifistes, les conciliateurs sont rejetés par les jeunes des banlieues. Ils mettent l’accent sur les « excès », pas sur la révolte qui à leurs yeux n’est pas assez politique. Alors que la révolte est dirigée contre tous les vrais excès de la bourgeoisie. La violence en est encore à une phase inférieure, il n’y a d’armes que du côté des forces de police, elle revêt aussi un caractère symbolique et est reprise durant le CPE par des masses de plus en importante. Une partie des « casseurs » prennent conscience au contact des radicaux du mouvement étudiant et lycéen et utilise la violence en ciblant mieux.

            Le mouvement lui-même emploie une violence limitée. C’est une violence défensive contre l’appareil d’Etat. La direction du mouvement  contre le CPE a échappée en partie aux forces organisées, qui y exercent néanmoins leur influence par syndicats interposés. Ils sont obligés de suivre car ils y ont intérêt. L’exemple le plus visible est celui de la CFDT, qui redore son blason en prenant la tête du soutien. Elle fait ainsi oublier sa prise de position pour le CNE, mais n’en parle pas aujourd’hui ou très peu. Le CPE a aidé la direction de la CGT dans sa préparation du 49ème Congrès car il y a une forte opposition à son orientation conciliatrice, accompagnatrice de la restructuration. Aujourd’hui la direction CGT adhère à une « nouvelle » internationale syndicale, dont le programme est la gouvernance du monde en collaboration avec les instances internationales, ONU, FMI, OMC... Le mouvement lui-même est traversé par la lutte idéologique, sur le problème de la violence sur le problème d’attaquer le système lui-même et pas seulement le gouvernement en place.

            Le gouvernement a reculé d’un demi-pas sur le CPE, et abandonner ce projet, en proposant des cadeaux supplémentaires pour les patrons qui paraîtrait-il les inciterait à embaucher. On a déjà entendu cette chansonnette, sous la gauche ou sous la droite, mais la jeunesse et les travailleurs qui les ont soutenu ont pris conscience de leur force. La jeunesse a secoué les vieux appareils réformistes et révisionnistes et les a contraint à remettre en cause le CNE, auquel certains avaient souscrit comme la CFDT. D’’autres avaient refusé de déclencher le blocage du système économique comme moyen de lutte, blocage qu’il ne faut pas confondre avec la grève générale insurrectionnelle, aboutissement de la guerre populaire prolongée.

            Cette guerre populaire prolongée a commencé par la révolte des banlieues, elle s’est poursuivie par la lutte de la jeunesse contre le CPE, qui n’est qu’un pas supplémentaire dans cette guerre, déjà les éléments les plus radicaux, les plus conscients posent le problème du CNE, de la loi sur l’égalité des chances (apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans etc.). Le mouvement le plus avancé a tenté de s’organiser en comité de lutte, d’action. Ces luttes accumulées (révolte des banlieues, puis lutte  des étudiants et lycéens contre le CPE, ont eu l’appui et la sympathie de la majorité de la population.  Cette contre-offensive contre la bourgeoisie montre que la phase d’initiation à la « guerre populaire » est amorcée, ce ne sont que les prémisses, de la défense stratégique. Ce ne sont que quelques ingrédients. Il manque certes beaucoup de choses. En particulier l’élément subjectif, en tout premier, un Parti Communiste maoïste plus puissant que celui qui mène en ce moment la lutte pour éclairer le chemin. Il manque des organisations de masses authentiquement révolutionnaires, guidées par le Parti, et liées aux masses ouvrières et populaires. Les jeunes des banlieues sauront sous la direction d’un tel Parti et d’un authentique mouvement de la jeunesse révolutionnaire emprunter la voie de la guerre populaire.

            Malgré la quasi absence de Parti, pas d’organisation de jeunesse révolutionnaire, encore moins d’unités combattantes. Les jeunes des banlieues ont montré que les fils de prolétaires étaient capables sans organisation, de généraliser leur mouvement de révolte contre l’appareil répressif de l’Etat, contre le système d’exploitation. Un an après, il semble que les jeunes aient appris par leur propre pratique, après la répression massive. Ils sont passés de l’affrontement frontal contre des forces supérieures  à des méthodes encore défensives de « frapper avec des forces supérieures », Pourtant ils n’ont pas lu les écrits militaires de Mao Zedong. Les jeunes révolutionnaires, les jeunes maoïstes doivent aller aux masses pour apprendre d’elles dans la pratique, mais aussi apporter leurs analyses car les communistes ne partent pas de zéro, « l’ancien doit servir le nouveau », et non le contraire car « le nouveau ne doit pas revenir à l’ancien », mais « seulement utiliser ce qui est utile pour le nouveau ».

Où il y  oppression, il y a résistance !

Cela se vérifie tous les jours et sous diverses formes. A l’Université de Nanterre, Naïma a été exclue de l’Université sur plainte d’une « militante » de l’UNEF (syndicat étudiant contrôlé par les sociaux-démocrates et les révisionnistes). Trois membres de la direction de cette organisation membres de la direction réactionnaire de l’Université, on voté l’exclusion pour 2 ans de Naïma. Pourquoi ? Parce que Naïma s’est battu bec et ongle contre les mesures réactionnaires du CROUS contre les étudiants les plus démunis, en les chassant de la modeste chambre qu’ils occupaient légalement (avec des difficultés de paiement parfois) ou hébergé par un camarade pour ne pas coucher à la rue. D’autre part, la direction de la Fac, par la bouche de son dirigeant avait carrément dit qu’il allait débarrasser la fac de Nanterre de l’extrême gauche (c'est-à-dire l’Association Générale des Etudiants de Nanterre), syndicalistes de combat comme ils se définissent eux-mêmes. Mais « les réactionnaires soulèvent des pierres pour se les laisser retomber sur les pieds ». Une campagne a été mise en place pour organiser la défense de Naïma, cette campagne s’est élargie à la défense d’autres « réprimés » syndicaliste comme Ameline qui travaille à Mega Store, un étudiant de Lyon II. Un front contre la répression s’est mis peu à peu en place dans les Universités, avec meeting sur différentes villes de France. Les honteuses mesures contre les enfants immigrés scolarisés, a eu comme réponse, la constitution d’un collectif de professeurs progressistes qui ont mené diverses actions pour empêcher leurs expulsions. Enfants cachés chez des particuliers (ce qui rappelle les tristes années de la guerre où les enfants juifs étaient cachés par des progressistes courageux).

Mais les mesures de plus en plus fascisantes de l’Etat, appliquées sans état d’âme par la police comme pendant la guerre (avec certes des conséquences moins dramatiques), ont provoqué la colère des parents d’élèves de l’école Rampal dans le 19 ème arrondissement. A mains nues, ils se sont opposés à l’attaque bestiale de la police. Gare du Nord, un contrôle musclé provoque une émeute, car les jeunes, la population constamment harcelés par la police, les commandos de contrôleurs accompagnés par les agents de sécurité musclés, espionnés par les caméras, soumis au stress entretenu par la présence de patrouilles militaires en armes, les incidents de parcours, les retards des trains, sans compter les conditions de  transport des voyageurs 

Ces formes de résistance qui passent de l’action légale à l’action légitime d’autodéfense, sont des actes de résistance qui font partie du processus de guerre populaire contre la réaction dans un pays impérialiste. Ils rejoignent, même avec leur caractère limité, ils préparent l’organisation de l’autodéfense, de la résistancequi précèdera l’offensive contre la réaction, contre le fascisme moderne.

La proposition de Sarkosy d’une « loi sur l’identité nationale et l’immigration » comble les vœux fascistes du F.N, qui du coup perd des voix. Cette loi  a provoqué des réactions et propositions qui  vont dans le même sens malgré la dénonciation hypocrite de ces mesures. Ségolène Royal, tente une position d’équilibristes pour cacher sa position réactionnaire, en se cachant derrière le drapeau français et la Marseillaise dont  elle oublie de dire que c’était l’hymne de la bourgeoisie révolutionnaire et pas de la bourgeoisie réactionnaire d’aujourd’hui. Bayrou quant à lui vient de faire une déclaration mettant en cause le droit du sol, qui va dans le même sens que la loi Sarkosy. Les uns et les autres partent du point de vue de la Nation en soi, de l’Etat en soi, et parlent pour les français en général. Ils ne dénoncent pas la nature de cette Nation, de cet Etat, son caractère de classe, car ils veulent la paix sociale. A ce titre ils sont les meilleurs défenseurs de l’Etat bourgeois.

Nous nous plaçons d’un point de vue de classe, à savoir que dans cette société deux grandes classes existent et s’affrontent dans le combat de classe. Le prolétariat et les couches populaires, la bourgeoisie et ceux qui la soutiennent dont une partie de l’aristocratie ouvrière (cancer au milieu du prolétariat).

Les masses même d’opinion différentes s’opposent à cette politique réactionnaire, d’instinct. Cela va s’amplifier et c’est une bonne chose.

Quelque soit le résultat des élections, la lutte va se poursuivre car les problèmes inhérents au système capitalistes ne peuvent être résolus par des réformes, quelque soit la couleur politique du gouvernement chargé de gérer ce système, mais à la destruction totale du système et l’instauration du socialisme. Seul un processus conduisant à la guerre populaire dans notre pays en tenant compte des conditions concrètes de son développement, mais aussi dans tous les pays, peut permettre de prendre le pouvoir dans tout le pays et alors d’engager la construction du socialisme.

Le parti en formation que doivent rejoindre tous les communistes de ce pays tire les leçons de la Commune de Paris, de la Révolution d’Octobre et de la Révolution chinoise, celle de les avancées formidables de la guerre populaire au Pérou, au Népal, en Inde, en Turquie, au Bengladesh, aux Philippines et en ce qui concerne en partant de nos conditions spécifiques les leçons plus récentes, du vote massif pour le NON, de la révolte des banlieues, de celle des étudiants et des multiples formes de résistance et de révolte, de la prise de conscience que la gauche et l’extrême gauche légaliste, la droite et l’extrême-droite ne peuvent conduire le prolétariat et le peuple sur le chemin de la victoire.

Ils font leurs plans, faisons les nôtres

Organisons partout la résistance !

Créons nos organisations ouvrières, populaires contre la politique des dirigeants conciliateurs, réformistes et/ou collaborateurs. Démasquons les traîtres à la cause du prolétariat et du peuple.

Formons des conseils dans les usines et les entreprises, regroupant syndiqués ou non syndiqués pour reconstruire le syndicalisme de lutte de classe. Formons des conseils de quartiers, immeubles par immeubles dans les quartiers populaires qui répondent aux besoins des plus larges masses d’opprimés et d’exploités

Regroupons les communistes et tous ceux qui veulent renverser la dictature de la bourgeoisie et construire le socialisme dans le Parti Communiste maoïste.

Contre la montée du fascisme moderne soutenons tous les mouvements ou actions de résistance, aidons à sa structuration, en vue de franchir les divers degrés de résistance, d’atteindre un équilibre suffisant avec les forces adverses pour passer à l’offensive dans tout le pays. C’est la voie de la guerre populaire prolongée jusqu’à la victoire définitive du prolétariat dans chaque pays et à l’échelle mondiale contre la réaction capitaliste et leurs alliés et complices.

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Published by drapeau rouge - dans Tracts du PCmF

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