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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 00:13
Pour une histoire de la dissidence maoïste en Union Soviétique

Ceci est la traduction d'un article de Russie de Alexei Volynets qui apparaît ici : http://rusplt.ru/policy/sovetskie-hunveybinyi-sssr-nujen-mao-dzedun.html avec pour titre : Les Gardes Rouges Soviétiques : L'Union Soviétique a besoin de Mao Zedong. Il a été publié le 10 juillet 2013.

 

Des années 60 aux années 80, des dizaines de groupes maoïstes ont opérés en Russie dans une lutte contre la 'dégénérescence bourgeoise' de la bureaucratie.

 

Quand les histoires du mouvement dissident en Union Soviétique sont écrites, les éléments « démocratiques », pro-occidentaux de ce mouvement obtiennent la majeure partie de l'attention pour des raisons assez évidentes. Beaucoup moins d'attention est accordée aux nationalistes du 'Parti Russe' et aux divers dissidents de la gauche. Mais les groupes de dissidents les plus infortunés sont les partisans du Président Mao, les 'Gardes Rouges' Soviétiques. Ils ont été laissé du côté de l'histoire à la fois par les 'voix occidentales' de ces années là et ignoré par la mémoire historique contemporaine de tous les autres groupes. Et pourtant, ceux qui ont tenté de répéter les leçons de la 'Grande Révolution Culturelle' n'étaient pas moins que ceux qui prêchaient le modèle de démocratie de style occidental en Union Soviétique.

 

Après la mort de Staline et particulièrement après le XXème Congrès du PCUS, pour de nombreux citoyens de l'URSS qui croyaient sincèrement au Bolchevisme, le dirigeant du 'Mouvement Communiste International' devint naturellement Mao Zedong. Le Camarade Mao, un vieux et honorable partisan, guidait sous son drapeau rouge le pays le plus peuplé du monde et semblait selon les idées reçues à jouer beaucoup plus efficacement le rôle de chef de file mondial qu'un apparatchik professionnel de Parti avec une biographie aussi peu clair que celle de Nikita Sergeevich Khrushchev.

 

Le peuple soviétique pour un socialisme léniniste.

 

Et le dirigeant soviétique a certainement dû se sentir mal à l'aise avec ce fait. Comme par exemple en mars 1962, quand un travailleur de 40 ans nommé Kulakov, membre du Parti Communiste Soviétique, travaillant à la construction de la centrale hydroélectrique de Bratsk dans la région de Irkoutsk, a envoyé une lettre à Khrouchtchev. Dans cette lettre, le prolétaire ne mâche pas ses mots vis à vis du Premier Secrétaire du Comité Central : ''La masse principale des peuples soviétiques croient que vous êtes un ennemi du Parti de Lénine et de Staline. En un mot, vous êtes restés un trotskyste. V.I Lénine rêvait de faire de la Chine un ami du peuple soviétique et ce rêve a été réalisé par le Camarade Staline, mais vous avez détruit cette amitié. Mao est contre votre profanation du Parti Léniniste et de Staline. Lénine et Staline ont audacieusement combattu contre les ennemis de la révolution et ont été victorieux dans cette lutte ouverte en ne craignant pas l'emprisonnement. Vous êtes un lâche et un agent provocateur : Quand le Camarade Staline était vivant vous lui embrassiez les fesses, et maintenant vous déversez des saletés sur lui...''

 

Pour cette lettre, le travailleur Kulakov a été condamné à une peine de prison d'un an, accusé de ''propagande anti-soviétique''. Et des déclarations similaires, certaines d'entre elles publiques, ne manquaient pas. Le 18 mars de la même année (1962) à Kieve, durant les élections pour le Soviet Suprême d'URSS, un président de Kholkoz et membre du Parti Communiste Soviétique de 45 ans du nom de Boris Loskutov, distribuait des tracts avec le texte suivant : ''Longue vie au Parti Léniniste sans la baudruche et le traître Khrouchtchev. La politique de ce fou a conduit à la perte de l'Albanie, de la Chine et des millions de nos anciens amis. Le pays est dans une impasse. Resserrons nos rangs. Sauvons le pays.''

 

Le président du kholkoze arrêté a été condamné à une peine d'emprisonnement de quatre ans.

 

Dans la nuit du 18 juin 1963, dans la ville de Mena dans la région de Chernigovskaya en Ukraine, un artiste de 27 ans du théâtre de la ville, mis en place des pancartes fait par lui-même avec pour slogan ''L'Anarchie Khroutchevienne a tué la vérité sur le règne de Staline, de façon à prendre le pouvoir !'' ''A bas l'anarchie Khrouchtchevienne ! Vive le Parti Communiste Chinois !'' ''Vive Mao Zedong, le dirigeant des travailleurs partout dans le monde !''

 

Dans la nuit entre le 3 et le 4 août dans la ville de Batoumi en Géorgie, où le jeune Staline a commencé ses activités pratiques en tant que révolutionnaire, trois citoyens de l'Union Soviétique - G. Svanidze âgé de 28 ans, sa femme L. Kizilova âgée de 24 ans et leur camarade de 23 ans V. Miminoshvili (Tout les trois membres du Komsomol) – ont affiché des tracts qui demandaient le renversement de Khrouchtchev et la défense de la mémoire de Staline. Dans leur texte, les jeunes membres du Komsomol avaient écrit ''Notre leader est Mao Zedong !'' et ''L'URSS a besoin de Mao Zedong !''.

 

Le 1er Juin 1964 dans la ville de Donetsk, Vasilli Poluban un mineur de 37 ans, a placardés des affiches dans la ville avec l'appel suivant : ''Soutenir les liens avec la Démocratie Populaire de Chine qui se bat pour la paix mondiale et la démocratie ! Lénine ! Staline ! Khrouchtchev fout le camp !'' ''Lénine et Staline vivront pendant des siècles !' A bas la dictature de Khrouchtchev qui contamine l'esprit de la classe ouvrière !'' ''Le Parti de Lénine et de Staline nous mènera à la victoire, à l'unité des communistes ! A bas N.S Krouchtchev ! Longue vie à nos amis de Chine !''

Ce ne sont que quelques exemples de la Dissidence Rouge de ces années là, quand le chef formel de l'URSS Khrouchtchev, était opposé au dirigeant informel du ''Mouvement Communiste Mondial'' Mao. Ces états d'esprit sociales, entre autre choses, devaient également conduire à l'éviction de Nikita Sergueïevitch du pouvoir. Mais il est remarquable de noter que même après la résignation de Khrouchtchev, ces citoyens de l'URSS qui supportaient les idées du Camarade Mao n'ont pas mis un terme à leurs activités. En outre, ce fut à ce moment précis que la ''Révolution Culturelle'' en Chine était à son apogée et de nombreux citoyens soviétiques n'étaient pas contre l'application des méthodes des Gardes Rouges vis à vis de leurs propres bureaucrates...

 

De janvier à mars 1967, un étudiant de 21 ans de l'école de formation à l'aviation A. Makovsky distribuait des tracts à de nombreuses occasions à Moscou. Des tracts dans lesquels, selon les enquêteurs du Bureau du Procureur Général de l'Union Soviétique ''propageaient les idées de Mao Zedong''. Une partie des tracts ont été dispersés sur la Place Rouge, près du Kremlin. Il est à noter que cette action au Kremlin est arrivée avant la très médiatisée ''manifestation des sept'' [1] en août 1968 loué par les médias occidentaux.

 

Le 13 février 1967 dans la ville de Komsomolsk sur l'Amur, à 6000 km de Moscou, un membre du Komsomol de 20 ans et ingénieur dans les transports maritimes V. Ermokhin, un étudiant de l'Institut Médical et membre du Komsomol de 21 ans M. Chirkov et un communiste de 30 ans et plongeur professionnel P. Korogodsky, ont collé des affiches qui déclaraient : ''Mao Zedong est un soleil rouge dans nos cœurs ! Communistes prolétariens, luttons contre ce gang de révisionnistes modernes, successeurs de Khrouchtchev !''

 

A peu près au même moment, le 16 février 1967 à l'autre extrémité de l'URSS en Ukraine, à Donetsk, un mineur de 35 ans P. Melnikov a accroché sur un panneau d'affichage des brochures écrites par lui-même louant Mao Zedong et appelant au renversement de Brejnev.

Ce ne sont que quelques exemples simples qui ont été préservés pour nous par le Bureau du Procureur Soviétique et le KGB. Mis à part les actions individuelles en Union Soviétique durant ces années là, des cercles de ''communistes clandestins'' ont également émergés et se sont fondés sur les idées, mots d'ordres et slogans révolutionnaires de Mao.

 

Les Frères Romanenko, les maoïstes soviétiques qui ont gagné une renommée en Chine.

 

L'un des premiers groupes de ce genre a émergé en 1964 en Ukraine, dans la région industrielle de Kharkov où la ''tradition prolétarienne'' n'étaient pas encore qu'un simple cliché de propagande post-soviétique. Là, dans la ville de Balakleya, non loin de Kharkov, un groupe marxiste a été formé sous l'appellation de ''Parti Communiste Révolutionnaire des Ouvriers et des Paysans''. Ses fondateurs étaient Adolf et Vladimir Romanenko. Vladimir âgé de 35 ans, a travaillé comme électricien à Kharkov et à ensuite étudié à la Faculté de Journalisme à l'Université de Leningrad. Son frère de 33 ans Adolf, a travaillé pour un journal nommé ''Marteau et Faucille'' dans le quartier industriel de la ville.

 

A Leningrad, Vladimir Romanenko fait la connaissance d'étudiants en provenance de Chine, de qui il reçut de la littérature maoïste. Dès Septembre 1963, les frères Romanenko ont écrit une déclaration au Comité Central du Parti Communiste Chinois avec des critiques vis à vis du nouveau programme du Parti Communiste d'URSS qui a été adopté au XIIème Congrès en 1961. Une copie de cette déclaration a été donnée à la citoyenne chinoise Tchzan Dadi, une étudiante de l'Université de Leningrad, pour qu'elle puisse la faire parvenir en Chine et au Comité Central du Parti Communiste Chinois.

 

Comme le Procureur de Kharkov devait l'écrire plus tard dans son rapport au Kremlin, les frères Romanenko ''sont tombés sous l'influence de la propagande chinoise, en décidant de créer une organisation illégale de gauche radicale, parce qu'ils sont venus à la conclusion que le PCUS avait cessé de représenter les intérêts des travailleurs, qu'il avait dévié de son rôle de parti révolutionnaire pour représenter les intérêts de la petite bourgeoisie et finalement devenir, une force réactionnaire.''

 

En septembre 1964, les Romanenko avaient terminé l'élaboration de leur programme pour leur projet de ''Parti Communiste Révolutionnaire des Ouvriers et des Paysans''. Le programme incluait la déclaration suivante :

 

L'écart des salaires entre l'ouvrier moyen et les principaux spécialistes ou les grattes-papiers bureaucrates continue de croître de jour en jour... et aujourd'hui encore les bureaucrates de services et les organes du soi-disant Parti-Etat contrôlent le vol du surplus produit par les classes productives...

L'affirmation que la dictature du prolétariat a été rendue obsolète et non plus une nécessité ne provient pas de la classe ouvrière, ni de la classe paysanne, mais de ceux dont la simple mention du terme de dictature de la classe ouvrière procure un mal de dents, de ceux qui trouvent plus commode de piller le produit excédentaire dans le cadre d'un état 'national' semi-bourgeois. Et quand le Parti dirigeant ne mène pas une lutte contre cela, mais aide à le légaliser, alors ce parti est un parti petit-bourgeois.
..

 

Le PCUS a fait son temps comme parti politique capable de mener les masses sur la voie tracée par le grand Lénine. Il n'y a donc pas de temps à perdre. Il convient d'armer aussi vite que possible, la classe ouvrière et les paysans des fermes collectives avec la théorie marxiste révolutionnaire authentique... Pour ce faire, il est nécessaire de créer des organisations dans chaque fabrique, chaque usine, dans toutes les fermes collectives (kholkozes) et fermes d'Etat (sovkhozes), dans tous les établissements d'enseignements, toutes les unités militaires afin d'expliquer la nature révisionniste du programme du PCUS.

 

A la fin de l'automne 1964, les frères Romanenko sont arrêtés par le KGB. Au cours de l'enquête judiciaire, Adolf Romanenko a continué de parler de ses pensées pleinement empli de l'esprit de la ''révolution culturelle'' de Mao :

 

''Je crois toujours et jusqu'ici qu'il y a dans notre pays, toutes les conditions pour l'épanouissement d’éléments petits-bourgeois. De mon point de vue, tant que les dirigeants du PCUS à la fois du centre et de la périphérie, les dirigeants du gouvernement soviétique, des soviets locaux, les dirigeants de l'appareil administratif auront accès à d'inimaginables privilèges, aussi longtemps que la richesse matérielle sera distribué aussi mal selon moi, jusqu'à ce moment je crois, que dans notre pays fleurira l'idéologie petite-bourgeoise. Et le Soviet, le Parti et les appareils administratifs vont essayer d'autoriser dans la loi leurs privilèges et l'inégalité dans la distribution de la richesse matérielle.

 

A partir de là, je tire la conclusion que la fraternité et l'égalité sont hors de question pour le moment et je crois que le PCUS ne peut pas être l'expression de la volonté populaire... Je pense que les intérêts des masses travailleuses et ceux de la direction sont diamétralement opposés l'un à l'autre et de ce fait, je crois qu'il n'y plus d'unité entre le Parti et le Peuple.''

 

Les frères Romanenko ont été quasiment sauvé d'une longue peine de prison par l'intervention de Mao Zedong. Les frères Romanenko ont été arrêtés un jour avant l'Assemblée Plénière Extraordinaire du Comité Central du PCUS, où Khrouchtchev a été renversé du pouvoir. Les nouveaux leaders du PCUS Brejnev et Shelepin, les organisateurs de l'éviction de Khrouchtchev, espéraient pouvoir surmonter le 'schisme' avec la Chine Communiste, sans avoir besoin de changer la politique nationale et internationale de l'URSS. Par conséquent, lors d' une réunion au Kremlin où les responsables du Bureau des Procureurs et des départements du KGB de la région de Kharkov ont été spécialement convoqués, la décision a été prise de ne pas porter l'affaire devant les tribunaux contre ces maoïstes soviétiques bien connus en Chine. Les frères Romanenko ont été libérés de prison quelques mois plus tard sous la surveillance étroite du KGB, ce qui excluaient pour eux la possibilité de pouvoir continuer leurs activités politiques.

 

Contre le Révisionnisme.

 

Un large éventail de groupes maoïstes clandestins ont surgi dans la capitale de l'URSS au milieu des années 60 quand l'exemple de la ''Grande Révolution Culturelle'' a été particulièrement intense. En Occident, c'est sous les traits de la révolte étudiante parisienne qu'elle a jouée un rôle, alors qu'en Union Soviétique une révolte ouverte était impossible, mais l'écho des Gardes Rouges a eu un impact jusqu'ici. Des milliers d'étudiants et de doctorants de la Chine Maoïste étudiaient dans les universités et établissement supérieurs soviétiques. Ce fut par l'entremise de ces étudiants que la littérature des Gardes Rouges a pu arrivé entre les mains de nos concitoyens.

 

Entre 1965 et 1967, opérait à Moscou un petit groupe marxiste dirigé par deux assistants de recherches de l'Institut Economique des Systèmes Socialistes Mondiaux à l'Académie des Sciences Soviétique. Il y avait un citoyen de la République Populaire de Chine âgé de 35 ans Ho Dantsin et un citoyen soviétique de 30 ans, G. Ivanov. Ensemble, ces communistes chinois et soviétiques faisaient de l'agitation en diffusant de la littérature chinoise à Moscou et ont ainsi crée une large éventail de matériel de propagande qu'ils ont intitulés ''Le Manifeste du Socialisme'' (Programme du Parti Socialiste Révolutionnaire d'Union Soviétique). En Février 1967, Ho et Ivanov ont été arrêtés par le KGB.

 

En 1968, un maçon de 30 ans G. Sudakov et son frère de 20 ans V. Sudakov ont crée un petit groupe ''L'Union de Lutte contre le Révisionnisme''. De Février à Juin 1968, ils ont fait circuler de la littérature révolutionnaire en provenance de Chine ainsi que leurs propres tracts qu'ils avaient imprimer grâce à une presse primitive qu'ils avaient construite.

 

Le 24 Février 1976, le jour de l'inauguration du XXVème Congrès du PCUS, quatre jeunes ont lâché et éparpillé à travers les fenêtres et maisons de la Perspective Nevski à Leningrad, plus d'une centaine de tracts. Ces tracts écrits à la main se terminaient par l'appel ''Vive la nouvelle révolution ! Longue vie au communisme !''.

 

Quelques temps plus tard, le KGB réussit à découvrir que les participants à cette action étaient des étudiants de premières années à Leningrad - Arkady Tsurkov, Alexander Skobov, Andrey Reznikov – ainsi qu'un lycéen Alexander Fomenko. Ils étaient les organisateurs d'un groupe marxiste illégal qui s'appelait lui-même ''L'Ecole de Leningrad''. Le leader de se groupe informel était un talentueux mathématicien de 19 ans Ardaky Tsurkov. Au début des années 1970, il a été fasciné par les idées de Mao Zedong et a commencé à écouter illégalement les éditions en langue russe de Radio Pékin.

 

A cette époque, les étudiants chinois (qui avaient été dans les années 60 l'une des principales source de distribution de littérature maoïste aux citoyens soviétiques) ne peuvent plus étudier en Russie. Mais dans les années 1970, une marée de publications apparaît (des livres et brochures) en Union Soviétique qui veulent démasquer et critiquer la trajectoire du Parti Communiste Chinois et de Mao. Au tout début de ces années, l'agit-prop soviétique travaillait plus activement contre la Chine maoïste que contre ''l'Occident bourgeois''. Comme toute littérature de propagande hostile, il est nécessaire de décrire les actions et les phénomènes qu'elle activait contre elle. Ce qui était négatif pour les propagandistes du Comité Central était devenu un atout pour la ''dissidence gauchiste''. De cette manière, Ardaky Tsurkov devint maoïste après avoir lu toute la propagande soviétique anti-maoïste.

 

En 1977 et 1978, les dirigeants de ''L'Ecole de Leningrad'' ont organisé dans les faubourgs de Leningrad, un lieu de vie commun où les jeunes pouvaient étudier, vivre et faire de la propagande pour les idées du Camarade Mao parmi les étudiants. En 1978, ''L'Ecole de Leningrad'' établissait des liens avec des étudiants sympathisants de Moscou, de Gorki (aujourd'hui Nizhny Novgorod), de Riga et un certain nombre d'autres villes de l'Union Soviétique. Alors qu'ils tentaient de vouloir organiser une conférence clandestine pour la jeunesse dans le but de créer une grande association – ''L'Union de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire'' – les dirigeants de ''L'Ecole de Leningrad'' ont été arrêtés par le KGB.

 

Peu de temps après leur arrestation le 5 décembre 1978, un événement inconnu auparavant se produisit : A la cathédrale de Kazan (lieu où se déroula la première grande manifestation étudiante contre le tsar en 1876), plusieurs centaines de jeunes hommes et femmes des instituts et écoles de Leningrad se sont rassemblés, pour protester contre ces arrestations. Plus de vingt personnes ont été arrêtés. Durant le procès contre le leader de ''L'Ecole de Leningrad'' A. Tsurkov du 3 au 6 avril 1979, un grand rassemblement d'étudiants a eu lieu devant le bâtiment. Ardaky Tsurkov reçu une peine de cinq années de détention dans un camp à régime strict et deux autres années d'exil.

 

Les dirigent maoïstes du mouvement de grève des travailleurs soviétiques

 

Mais les idées révolutionnaires de Mao ne furent pas seulement confiné aux élèves des écoles et des universités. L'existence d'au moins un groupe marxiste illégal qui ne cherchait pas seulement à étudier les idées et les expériences de Mao Zedong, mais a également prendre part à l'organisation de grèves réussies par les travailleurs soviétiques est très bien documenté. Je fais allusion ici à l'émergence dans les années 70 dans la ville industrielle de Kouibychev (Samara) du groupe politique la ''Centrale des Travailleurs''. Ce groupe visait à fonder un parti marxiste illégal, le ''Parti de la Dictature du Prolétariat''.

Au printemps 1974 dans l'usine Maslennikov de Kouibychev, s'est déroulé une grève des travailleurs d'atelier. L'usine produisait alors de l'équipement pour le complexe militaro-industriel soviétique. Les travailleurs n'ont formulé aucune revendication politique, mais ont réussi à obtenir une amélioration de leurs conditions de travail des autorités et de l'administration locale, pris totalement au dépourvu par une action aussi bien organisée. Au cours de l'année suivant, basé sur le modèle de la grève de Maslennikov, plus de dix grèves eurent lieux dans d'autres entreprises de la ville. Un événement aussi important en Union Soviétique a tout de suite attiré l'attention du KGB, mais ce ne fut qu'après deux années d'enquêtes qu'ils purent établir que la ''Centrale des Travailleurs'' était organisé dans cette ville.

 

Les dirigeants de l'organisation étaient Grigory Isaev âgé de 31 ans, un travailleur de l'atelier de fonderie de l'usine Maslennikov et Alexei Razlatsky, ingénieur pétrolier de 39 ans.

 

Isaev et Razlatsky étaient la force d'inspiration et les organisateurs d'une série de grèves dans les usines de Kouibychev en 1974. Après deux années, cette organisation marxiste illégale comptait plus de trente militants clandestins. Il faut souligner que la ''Centrale des Travailleurs'' fut l'une des organisations dissidentes les plus organisés dans leurs actions clandestines. Ses militants ont soigneusement et continuellement étudié les méthodes de conspirations des révolutionnaires russes d'avant 1917, ainsi que les organisations clandestines des Partisans durant la Grande Guerre Patriotique. Cela permis à la 'Centrale des Travailleurs'' d'opérer avec succès de 1974 à 1981.

 

En 1976, les dirigeants de la ''Centrale des Travailleurs'' ont écrit un ''Manifeste pour un Mouvement Communiste Révolutionnaire'' :

 

Le coup d'Etat contre-révolutionnaire qui a eu lieu en URSS a été réalisé de manière si tranquille et inattendue, que personne n'a réalisé. L'administration soviétique d'aujourd'hui est de plus en plus dictatoriale depuis plus d'une décennie, elle a réussie à se représenter comme ayant une direction marxiste-léniniste, et a réussi à laver le cerveau des travailleurs avec leur jeu démocratique. Même le mouvement communiste international n'arrive pas à analyser de façon marxiste ce qui se produit en Russie. Mais le coup d'Etat contre-révolutionnaire a bien eu lieu et la première chose à faire est d'y mettre un terme.

 

En 1961, le programme du PCUS et la dernière Constitution de 1977 ont déclaré que les tâches de la dictature du prolétariat était terminé et que l'Union Soviétique était désormais ''l'Etat du peuple tout entier''. Mais les marxistes ont toujours été clair sur le fait que le prolétariat ne peut pas être victorieux sans la nécessité d'un Etat et cet Etat ne peut être que la dictature révolutionnaire du prolétariat.

 

Les militants de la ''Centrale des Travailleurs'' ont appelé à l'étude approfondie de l'expérience de la Chine Communiste. Leur manifeste avait inclus la déclaration suivante :

 

Jusqu'au milieu des années 1950, le développement politique de la Chine répétait celui de l'Union Soviétique. Il est possible que les principaux événements qui ont conduit à l'arrivée sur la scène politique de N.S Khouchtchev ont forcé Mao Zedong à examiner la validité de ce système qui était en mesure de promouvoir de telles personnes à la direction suprême. Une analyse de la situation a confirmé nos pires craintes : Avec certaines divergences nationales, le système chinois était une copie de celui de la Russie. Et en Chine, il y avait une séparation assez claire entre les masses et le Parti et la formation à son sommet d'un organisme parasitaire.

 

La politique du ''Grand bond en avant'' a été une tentative d'éveiller l'initiative des masses, d'éveiller sa conscience vis à vis des événements qui se déroulaient en comparaison à la voie 'pacifique'... La ''Révolution Culturelle'' a été un appel direct pour réprimer l'activité de cette bureaucratie en formation et par des faits concrets, démontrer aux masses qu'elles sont les maîtres de la situation du pays et que dans ses actions collectives, elles sont toutes-puissantes.

 

La mort de Mao Zedong en Chine a signifié, comme la mort de Staline en Union Soviétique, la fin de la période de la dictature du prolétariat.

 

Andropov et la déroute finale des maoïstes.

 

Vers le début des années 1980, les militants de la ''Centrale des Travailleurs'' avaient mis en place des liens souterrains avec leurs partisans dans de nombreuses villes de l'Union Soviétique, de Moscou à Tyumen. La question de la création d'une organisation marxiste illégale a été soulevée et il a été suggérée que l'on la nommerait le ''Parti de la Dictature du Prolétariat''. A cette époque, le nombre de militants clandestins de la ''Centrale des Travailleurs'' s'élevait à une centaine.

 

Grâce à leurs méthodes clandestines biens organisées, le KGB n'a pas réussi à localiser ni découvrir l'identité d'une importante parti des militants. En 1981, les services de sécurité ne pouvaient pas trouvé le nom des dirigeants de l'organisation, même si selon les lois de l'Union Soviétique, rien ne pouvait être fait ou retenu pour mettre en arrestation la ''Centrale des Travailleurs'.

 

Mais à la fin de l'année 1981, la situation internationale de l'URSS Brejnevienne était de plus en plus compliquée. Au Comité Central du PCUS, ils avaient extrêmement peur que les actions de masse des travailleurs polonais et le mouvement Solidarnosc puisse trouver une certaine sympathie parmi les travailleurs soviétiques. Par conséquent, un ordre d'arrestation des dirigeants de la ''Centrale des Travailleurs'' a été personnellement ordonné par Yuri Andropov, même si le KGB ne possédait aucune preuve de leurs activités illégales. Ceci eu lieu le 14 décembre 1981, le lendemain de l'application de la Loi Martiale en Pologne.

 

A Kouibychev, Isaev et Razlatsky furent arrêtés. En dépit du fait que ni les recherches, ni l'enquête mené subséquemment ne pouvait attester de leurs activités illégales, les dirigeants de la ''Centrale des Travailleurs'' ont été condamnés à de lourdes peines de prisons en Novembre 1982. Alexei Razlatsky reçu une peine de 7 ans de prison et 5 années d'exil et Girgory Isaev reçu 6 années de prison et 5 années d'exil.

 

Les Gardes Rouges Soviétiques vains de Leningrad et de Samara ne furent libérés de prisons que quelques années plus tard, au plus fort de la perestroïka. Et à partir de là commença une histoire totalement différente. Arkady Tsurkov, qui avait propagé les idées de Mao dans la Leningrad Brejnevienne, émigrera en Israël et un authentique Garde Rouge, ira s'établir de lui-même dans un kibboutz paramilitaire...

 

Traduit depuis par nos soins depuis :

https://afoniya.wordpress.com/2013/07/25/towards-the-history-of-maoist-dissidence-in-the-soviet-union-an-article-by-alexei-volynets-part-1/

https://afoniya.wordpress.com/2013/07/25/towards-the-history-of-maoist-dissidence-in-the-soviet-union-an-article-by-alexei-volynets-part-two/

Alexei Razlatsky

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