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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 12:41
Sur le fascisme dans l'Etat français et en Europe

LA MONTEE DU FRONT NATIONAL

Les dernières élections municipales avaient montré la progression du FN, la baisse du PS, et le succès relatif de l’UMP et une abstention massive.


Les élections européennes ont confirmé la montée du FN. Il est arrivé en première place avec 25% des suffrages exprimés, l’UMP obtient  20,79%, le PS 13,98%, l’UDI 10%, les Verts, 8,91%, le FG 6,34%. Le taux d’abstention s’élève à 56,84%.

 

LA BASE IDEOLOGIQUE DU FN

Le FN est un parti ultra-centralisé, dirigé par le clan Le Pen et ses proches. Le Pen a rassemblé les divers courants et personnalités de l’extrême droite (Ordre Nouveau, des anciens de la collaboration vichyste (Sidos), de la division Charlemagne -volontaires en partie issue de la milice de Déat ou du PPF de Doriot dirigeant renégat du PCF dans les années 30-, des intégristes chrétiens de Antony, des négationnistes, etc.), autour de son programme réactionnaire et fasciste. La tribune que leur a offerte  Mitterrand leur a permis d’être visibles. Chaque parti fasciste a son histoire, toujours bâti sur les bases générales du fascisme. Il va de soi que les partis démocratiques bourgeois n’ont pas la même histoire. Hier au nom du nationalisme, les fascistes collaboraient avec les nazis, alors que les partis démocratiques bourgeois étaient antinazis et contre Vichy.

 

LA MONTEE DU FASCISME EN EUROPE

 

Royaume Uni

UKIP

27,50%

Danemark

Parti Populaire Danois

26,60%

Grèce

Aube Dorée (néo-nazi)

9,40%

 

LAOS

2,70%

Italie

Grillo

21,20%

 

Ligue du Nord

6,20%

Pays-Bas

PVV

13,40%

Hongrie

Jobbik (néo-nazi)

14,70%

Autriche

FPÖ

19,50%

Finlande

Vrais Finlandais

12,90%

Suède

Démocrates de Suède

9,70%

Autres pays

 

moins de 10%

L’abstention globale en Europe la même qu’en France mais dans les pays de l’Est, le taux d’abstention est élevé, jusqu’à 70% en Pologne.

 

LE FASCISME MONTE DANS LE MONDE ENTIER SOUS DES FORMES DIVERSES

En Turquie, avec l’AKP d’Erdogan ; en Inde avec l’arrivée au pouvoir du BJP ; en Egypte sous une forme militaire avec l’élection de Sissi élu malgré une abstention massive ; en Thaïlande où l’armée a repris le pouvoir. Partout, le fascisme s’adapte aux conditions concrètes, historiques, culturelles, religieuses. Partout l’impérialisme le soutient ou le tient en réserve.

 

QU’EST-CE QUE LE FASCISME ?

« Le fascisme, ce n’est pas un pouvoir au-dessus des classes, ni le pouvoir de la petite bourgeoisie ou des éléments déclassés du prolétariat sur le capital financier. Le fascisme c’est le pouvoir du capital financier lui-même. » Dimitrov


Le fascisme ne jaillit pas d’un seul coup. Il est une alternative quand la bourgeoisie ne peut plus gouverner comme avant et quand les classes dominées ne peuvent plus supporter la domination de la bourgeoisie.

 

LA CRISE ET LA MONTEE DU FASCISME

En période de crise, de crise prolongée comme celle dans laquelle le monde entier est entré, où il y a un chômage massif, où les conditions de vie du prolétariat empirent de jour en jour et où la menace d’une explosion sociale peut arriver se développe le fascisme.
La classe dominante a deux fers au feu : la démocratie bourgeoise où les différentes couches de la bourgeoisie s’affrontent dans les joutes électorales ; le fascisme dont s’empare en période de crise l’aile la plus réactionnaire de la bourgeoisie devant l’incapacité des partis bourgeois «démocratiques » à résoudre la crise.

 

DEVELOPPEMENT ET STRATEGIE DU FN

Le FN était un groupuscule au début des années 70. Ce n’est qu’avec l’arrivée de Mitterrand au pouvoir que le FN a commencé à se développer. Il s’agissait pour son dirigeant d’alors, Jean-Marie Le Pen, de percer et de rallier l’aile la plus réactionnaire de la classe dirigeante, de mener une propagande anticommuniste, raciste, antisémite pour désigner un bouc émissaire. Cette propagande avait pour but de diviser le peuple, asseoir une base de masse, et de progresser sur le plan électoral. La « dédiabolisation » menée par Marine le Pen, la préparation idéologique réactionnaire de l’UMP et les politiques anti-ouvrières et anti-populaires du PS ont permis l’avancée du FN.


Au fur et à mesure de l’approfondissement de la crise, le FN a progressé. Il s’est d’abord appuyé sur le sentiment national pour opposer français et immigrés autour de son slogan « Les Français d’abord ». Lorsque la droite au pouvoir a lancé le débat sur « l’identité nationale », l’immigration et l’insécurité reprenant les thèmes chers au FN et donnant corps à ses thèses, elle a largement favorisé sa pénétration idéologique dans les masses en s’appuyant sur les préjugés qui resurgissent en période de crise et ne diminuent que dans la lutte de classe. Le FN s’est alors renforcé sur le plan électoral et les groupuscules néo-nazis et fascistes de tout acabit se développent et s’attaquent aux immigrés, aux musulmans, aux juifs et aux antifascistes.


Le PS quant à lui favorise également la montée du Front National en ne menant pas une politique de « gauche » telle qu’elle est consensuellement entendue par les masses et mène au contraire une vraie offensive contre la classe ouvrières et les masses populaires. D’autre part, en faisant trainer la loi sur le mariage pour tous, le PS a permis au large camp réactionnaire de se mobiliser, de se regrouper, de s’organiser et d’améliorer la portée de leur discours au sein des masses. Le Rassemblement Bleu Marine a ainsi bénéficié de cette mobilisation réactionnaire de masse.


De manière générale, le FN exerce une influence plus ou moins grande sur les partis de droite et même au sein des autres partis, sur des questions comme la sécurité, l’immigration, le militarisme, les questions sociétales.

 

LA RESPONSABILITE DE LA SOCIAL-DEMOCRATIE ET DU REVISIONNISME

La social-démocratie réformiste historiquement responsable de la scission du mouvement ouvrier, va être renforcée par le révisionnisme du PCF qui, lui, va priver la classe ouvrière de stratégie révolutionnaire pour le miroir aux alouettes des élections, de la conquête illusoire du pouvoir par la voie parlementaire. Le FN va alors avoir le beau jeu pour dénoncer « l’UMPS » comme partis bourgeois responsables de la crise et gagner ainsi une partie de la classe et les couches populaires qui, désespérés, car privées d’une direction révolutionnaire, vont apporter leurs suffrages au FN, souvent dans le seul but de « foutre un coup de pied dans la fourmilière ».

 

LES SOURCES THEORIQUES DU FASCISME

Le fascisme plonge ses racines chez Malthus, Gobineau pour l’inégalité des races, Nietzsche pour le nihilisme, Proudhon pour la communauté de producteurs comme base de l’organisation sociale, Chamberlain, Georges Sorel pour la dénonciation du capitalisme, Maurice Barrès pour le nationalisme, Gabriele D’Annunzio pour l’esthétisme, Drumond pour l’antisémitisme.

 

LE FASCISME SOUS SA FORME ANCIENNE

Le fascisme sous sa forme ancienne s’est développé comme réponse à la révolution socialiste d’Octobre et le développement des partis communistes de la 3ème Internationale. Le fascisme est parvenu au pouvoir dans les années 20 en Italie et au Portugal, en Allemagne sur fond de crise mondiale et de chômage massif, puis en Espagne, grâce à la politique non-interventionniste des « démocraties » alors que Franco avait reçu l’appui massif de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie. Seule l’URSS apporta son soutien aux républicains espagnols. Le nazisme, le fascisme et le militarisme japonais furent vaincus par l’alliance entre l’URSS, les USA et la G-B et la résistance patriotique des peuples. En France, après avoir mené une lutte héroïque contre l’occupant, le PCF va rendre les armes et passer un compromis avec la bourgeoisie et participer au gouvernement dont il sera chassé en 1947. Le programme de réformes du CNR sera adopté après l’accord passé entre les forces de la résistance et de Gaulle à Londres. Après la mort de Staline, Khrouchtchev va réviser le marxisme, suivi par la plupart des autres partis communistes. Ils seront dénoncés par le Parti Communiste de Chine et le Parti du Travail d’Albanie, qui plus tard deviendront également révisionnistes.


Aujourd’hui, il n’y a plus de camp socialiste et les anciens partis communistes n’ont plus de stratégie révolutionnaire et ont perdu toute crédibilité dans la population. C’est dans ce nouveau contexte que se développe le fascisme sous sa forme moderne.

 

LE FASCISME SOUS SA FORME MODERNE

Nous sommes toujours à la période de l’impérialisme où règne sans partage la domination du capital financier. Le fascisme se développe en période de crise. Il s’appuie sur le juste ressentiment des masses populaires. Il dénonce les partis bourgeois dont les gouvernements sont incapables de résoudre la crise.  Il ne peut être la réplique du fascisme sous sa forme ancienne. Il s’adapte à la nouvelle situation mondiale, après l’écroulement des pays socialistes, la liquidation idéologique, politique et organisationnelle des anciens partis communistes, la politique sociale-libérale du PS, la confusion idéologique entretenue par les réformistes. Le rapport de force dans la lutte de classe est puissamment en faveur de la bourgeoisie, le mouvement ouvrier est divisé et il n’existe pas encore de Parti authentiquement révolutionnaire suffisamment développé pour que la bourgeoisie ait la nécessité de recourir au fascisme. En revanche, en raison de la faillite de l’aile démocrate bourgeoise, une partie de la bourgeoisie peut se tourner vers le fascisme si la force politique à sa tête semble être la meilleure solution pour améliorer sa domination de classe et son taux de profit.  Ainsi, dans ces conditions, l’objectif du FN  est d’accéder au pouvoir par la voie électorale, se servant des élections comme d’une tribune.

 

LUTTER CONTRE LE FASCISME

Aujourd’hui le fascisme n’est pas au pouvoir, aussi lutter contre le fascisme, ce n’est pas seulement dénoncer le Front National ou s’affronter aux groupuscules fascistes et néo-nazis. C’est aussi combattre les gouvernements de la bourgeoisie de droite ou de gauche qui par les mesures de toutes sortes contre le prolétariat et les couches populaires, creusent le lit du fascisme, préparent le terrain sur lequel il peut s’épanouir.


C’est une course de vitesse entre les éléments les plus déterminés du prolétariat d’un côté et de ceux de la bourgeoisie de l’autre. Aujourd’hui, il faut être aveugle pour ne pas voir qu’il y a une montée du FN d’une part et la pénétration de son idéologie et d’idéologies plus radicales en France et aussi dans tous les pays impérialistes.

 

LE ROLE DES COMMUNISTES

Le rôle de l’avant-garde communiste n’est pas de spéculer sur les formes, tactiques que le fascisme met en œuvre, mais gagner les masses à s’opposer aux mesures réactionnaires de la bourgeoisie, quel que soit le gouvernement. Les communistes doivent se porter à la tête de cette lutte et ainsi gagner les masses contre le fascisme.


Aujourd’hui, le prolétariat n’a plus la base arrière de l’URSS, ni de grands partis communistes révolutionnaires. L’Etat impérialiste est un Etat policier, qu’il soit dirigé par la droite ou la gauche. Ses instruments de coercition, d’intervention, de surveillance et d’espionnage sont hautement sophistiqués. Les chômeurs et les précaires représentent ensemble un quart de la population active et les retraités en dessous du seuil de la pauvreté sont plus de 30%. Cela forme un cocktail explosif anti-gouvernemental, une base potentielle de masse du fascisme, mais c’est aussi la base que les communistes doivent gagner dans la lutte contre le capital et gagner à la révolution celles et ceux qui sont trompés par la démagogie fasciste du FN.

 

UNIR LES COMMUNISTES DANS UN SEUL PARTI

L’Unification des communistes dans un seul Parti est une nécessité, le processus d’Unification entre le PCmF les Unités maoïstes doit être la base pour l’approfondissement de l’Unité du prolétariat et la poursuite du processus d’unification.


Le Parti ne peut se renforcer qu’en se liant à la classe ouvrière, aux masses populaires, qui ne sont pas toutes prêtes dans l’immédiat à rejoindre le Parti, et ne peuvent reconnaître le Parti que dans le travail quotidien du Parti en leur sein.

 

LE FRONT REVOLUTIONNAIRE ANTICAPITALISTE/ANTIFASCISTE ET POPULAIRE

Le Parti n’est pas suffisant. La révolution c’est l’affaire de la classe et des masses populaires. Comme on dit, « ce sont les masses qui font l’histoire ». Aussi, pour faire aboutir le programme révolutionnaire, le développement d’un front révolutionnaire regroupant les larges masses populaires est indispensable pour renverser le système capitaliste et son Etat, celles et ceux qui le représente  ou qui sont pour son impossible aménagement, contre le fascisme, le racisme et les discriminations. C’est en construisant le Parti communiste et la formation du FRAP que nous pourrons mener une offensive victorieuse en nous donnons les moyens de renverser la bourgeoisie pour assurer les conditions de la victoire de la révolution prolétarienne et édifier le socialisme avec les autres peuples du monde et marcher ensemble jusqu’au communisme à l’échelle mondiale.

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